Ce n'est plus du calcul
L’État doit passer à l’action.
Tout le reste de ce site se vérifie avec une calculatrice. Cette page, non : c'est une proposition, et elle se discute.
Dire d'où l'on parle est la moindre des honnêtetés.
Une opinion, et elle est signalée comme telle
Les simulateurs et la page « Comprendre » ne contiennent que des mathématiques : elles sont vraies quel que soit votre vote. Ce que vous lisez ici est d’une autre nature — des choix d’organisation, de fiscalité et de calendrier, qui relèvent du débat démocratique et sur lesquels des gens raisonnables s’opposent. Nous les exposons parce qu’il serait lâche de montrer ces chiffres sans dire ce que nous en tirons ; pas parce qu’ils auraient la même solidité.
Ni de droite, ni de gauche
Ce site n’est affilié à aucun parti, ne soutient aucun candidat et ne roule pour personne. Mais nous n’allons pas nous contenter de l’affirmer : regardez qui a instauré ces systèmes.
- En Australie, la capitalisation obligatoire est née à gauche. Elle a été instaurée en 1992 par le gouvernement travailliste de Paul Keating, dans le prolongement d’un accord avec les syndicats : ceux-ci avaient renoncé à une hausse générale des salaires de 3 % pour qu’elle alimente la retraite des salariés.
- En Norvège et en Suède, elle est l’œuvre de sociales-démocraties qui comptent parmi les États les plus protecteurs du monde, et elle y fait l’objet d’un consensus qui traverse les alternances depuis trente ans.
Faire travailler l’argent pendant soixante ans plutôt que de le laisser dormir n’est pas une idée de droite ni une idée de gauche. C’est du bon sens, et il profiterait à tous les Français — à commencer par ceux qui n’ont ni patrimoine à placer, ni conseiller pour le leur dire, et pour qui un capital constitué dès la naissance changerait le plus de choses.
Ce qui se discute, et légitimement, ce sont les modalités : le montant, le financement, la gouvernance, le calendrier. Pas le fait que soixante ans de rendement composé valent mieux que rien.
Principe premier
Une politique de long terme au service des Français
Un capital placé à la naissance ne produit son effet qu’au bout de plusieurs décennies : il traverse une dizaine de législatures avant de servir. C’est précisément ce qui en fait l’intérêt — et la difficulté.
Aucun gouvernement n’en récolte le bénéfice politique, ce qui est la meilleure raison de le confier à une institution indépendante, comme l’a fait le Canada, et de l’assortir d’une règle de retrait stricte, comme l’a fait la Norvège. Un fonds que l’on peut ouvrir au premier budget difficile n’est pas un fonds : c’est une réserve de trésorerie.
Condition de crédibilité
Les sommes versées ne doivent pas être taxées
Un dispositif public qui place pendant soixante ans, puis reprend une part du résultat à la sortie, se contredit lui-même. Il demanderait aux Français de faire confiance à un horizon long tout en se réservant le droit d’en modifier les termes à l’arrivée.
L’exonération n’est donc pas un cadeau fiscal : c’est ce qui rend la promesse tenable. Elle a un coût pour les finances publiques, et il doit être assumé comme tel dès le premier jour, plutôt que découvert quarante ans plus tard.
Le point le plus important
Une rente à vie, pas un capital remis d'un coup
Verser 1 070 389 € à quelqu’un le jour de ses 60 ans serait une mauvaise idée : cela expose à la mauvaise décision unique, au mauvais conseil, et cela ne protège personne contre le risque de vivre longtemps.
Le même capital, laissé placé et servant une rente, verse chaque mois sans jamais s’épuiser — parce qu’on en retire moins qu’il ne rapporte.
| Retrait annuel | Rente mensuelle | Rente 25 ans plus tard | Capital restant |
|---|---|---|---|
| 3,0 % | 2 676 € | 8 758 € | 3 503 300 € ↑ |
| 3,5 % | 3 122 € | 8 980 € | 3 078 696 € ↑ |
| 4,0 % | 3 568 € | 9 012 € | 2 703 739 € ↑ |
Les deux dernières colonnes sont le cœur du mécanisme : après vingt-cinq ans de versements, non seulement le capital n’a pas fondu, mais la rente elle-même a grandi — parce qu’on ne prélève jamais une somme fixe, toujours un pourcentage de ce qui reste. Le prélèvement suit le fonds, à la hausse comme à la baisse, et ce qui reste se transmet. C’est la règle que la Norvège applique à son fonds souverain, ramenée à l’échelle d’une vie.
Effet attendu
Un pouvoir d'achat durable, qui irrigue l'économie
Une rente versée à des millions de retraités n’est pas de l’argent qui dort : elle est dépensée, mois après mois, en consommation et en services. Contrairement à un capital remis en une fois, elle diffuse cet effet sur trente ans au lieu de le concentrer sur une année.
Il faut dire la contrepartie, sans quoi l’argument ne vaut rien : cet argent doit d’abord être prélevé quelque part. 6,44 Md€ par an, soit 1,40 % du budget de l’État, financés pendant des décennies avant le premier euro versé. Le gain économique est réel ; il est différé, et il se paie d’avance.
Et surtout
Chacun peut abonder, personne n'y est contraint
Le capital public poserait le socle. Au-delà, chaque Français devrait pouvoir verser sur ce même fonds — régulièrement ou par apports occasionnels, une prime, un héritage, une bonne année — et bénéficier des mêmes frais et du même horizon que l’argent public.
Mais cela doit rester facultatif. Rendre l’abondement obligatoire en ferait une cotisation de plus, et transformerait une liberté en prélèvement. L’exemple suédois montre d’ailleurs que le paramètre décisif n’est pas la contrainte mais le choix par défaut : la majorité ne choisit jamais, donc le défaut doit être bon, et ses frais minimes.