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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Blog · Risques et conditions de réussite

Les six risques majeurs de la capitalisation

Qu'est-ce qui peut mal tourner, et comment s'en protéger collectivement ?

La capitalisation ne supprime pas les risques de la retraite. Elle en remplace certains par d'autres. La répartition dépend surtout de la démographie et de l'emploi ; la capitalisation dépend aussi des marchés, des coûts et des règles qui protègent le capital. Ce blog en retient six.

1. Le risque de marché

Un capital placé peut baisser, parfois fortement, et au mauvais moment. La durée atténue ce risque sans l'annuler : les pertes d'une année peuvent être compensées sur trente ans, pas sur trois. Le danger est maximal juste avant et juste après le départ à la retraite, quand le capital est le plus élevé et le temps de récupération le plus court.

2. Le risque de coût

Les frais se prélèvent chaque année, que le placement gagne ou perde. Sur une carrière entière, un écart d'un point de frais suffit à amputer le capital final d'une part importante. Ce risque est certain, contrairement au précédent : il se réalise chaque année.

3. Le risque d'inégalité

Un dispositif volontaire profite d'abord à ceux qui peuvent épargner. Une déduction du revenu imposable rapporte d'autant plus que le taux marginal d'imposition est élevé. Une capitalisation mal conçue peut donc creuser les écarts de pension qu'un régime par répartition réduit en partie.

4. Le risque de gouvernance

Un fonds public accumulé pour l'avenir est une tentation pour le présent. Sans règle de retrait inscrite dans la loi et sans gestion indépendante, un gouvernement peut l'utiliser pour boucher un déficit, financer une dépense ou orienter ses placements. Le Fonds de réserve pour les retraites français a ainsi changé de mission en cours de route, ce que la Cour des comptes a qualifié d'abandon d'une ambition de long terme.

5. Le risque d'inflation

Un capital qui rapporte 3 % quand les prix montent de 5 % perd du pouvoir d'achat. L'inflation ronge aussi les rentes non revalorisées : une rente fixe en euros perd un tiers de sa valeur réelle en une vingtaine d'années à 2 % d'inflation. C'est pourquoi le blog raisonne en euros constants.

6. Le risque d'opacité

Un épargnant qui ne connaît ni ses frais réels, ni la composition de son placement, ni la performance comparée de son fonds ne peut pas arbitrer. Le manque de transparence est un risque à part entière : il empêche de voir les cinq autres.

Ce qui protège, collectivement

Les systèmes étudiés sur ce blog opposent à ces risques des protections connues : une longue durée et une baisse progressive du risque avant la retraite ; des frais plafonnés ou un fonds public peu coûteux ; une cotisation obligatoire ou une adhésion automatique ; une règle de retrait inscrite dans la loi ; une indexation des rentes ; une information claire et comparable.

Aucune de ces protections n'est gratuite, et aucune n'est parfaite. Les articles de cette rubrique examinent chacune d'elles, avec ses limites.

Les scénarios du blog, dont un défavorable, sont présentés dans la méthode de simulation. Les fonds publics et leurs règles de retrait sont distingués dans réserve, fonds de pension public, fonds souverain.

Le site rappelle aussi pourquoi un rendement moyen n'est pas un rendement annuel.

Sources

Marchés · Coûts · Inégalités · Gouvernance · Inflation · Transparence

Les 21 articles de la rubrique Risques et conditions de réussite