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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Capitalisation d'État · Étude de cas

Australie : un fonds d'État qui reporte ses retraits

Publié le 2 novembre 2026

L'Australie a créé en 2006 un fonds d'État pour payer, le moment venu, les retraites de ses fonctionnaires. Vingt ans plus tard, aucun retrait n'y a été fait. Au 30 juin 2026, le fonds valait 289,7 milliards de dollars australiens, selon son rapport annuel daté du 29 septembre 2026.

Le cas montre ce que devient un fonds de réserve quand l'État repousse, deux fois de suite, la date où il doit y puiser.

L’essentiel : Créé en 2006 pour couvrir les retraites non financées des fonctionnaires, le Future Fund australien a reçu 60,5 milliards de dollars australiens et en valait 289,7 milliards au 30 juin 2026, sans aucun retrait. Le gouvernement a reporté deux fois la date des premiers retraits, désormais fixée à 2032-33 au plus tôt.

Un fonds pour une dette de retraite

Le Future Fund est né d'une loi de 2006. Son objet, rappelé dans le rapport, est de fournir un actif pour couvrir des engagements de l'État fédéral. Parmi eux figurent les retraites non financées de ses agents, qui arriveront à échéance avec le vieillissement.

Ces engagements viennent de deux régimes à prestations définies, le CSS et le PSS. Selon le ministère australien des Finances, le premier est fermé aux nouveaux agents depuis le 1er juillet 1990, le second depuis le 1er juillet 2005.

Leur passif non financé continue pourtant de croître. Le dernier rapport actuariel, celui de 2023, prévoit un pic à 190,5 milliards de dollars en 2033-34. Il retomberait ensuite à 62,4 milliards en 2060.

Ce passif mesure la valeur actuelle des droits déjà acquis, moins les actifs détenus par les régimes. Sa baisse viendra du départ des derniers cotisants : à mesure qu'ils touchent leur pension ou leur capital, le stock de promesses s'éteint.

60,5 milliards versés en deux ans

L'État a transféré une première dotation de 18 milliards de dollars le 5 mai 2006. Huit autres apports ont suivi en deux ans, tirés d'excédents budgétaires et de la vente de ses parts dans l'opérateur Telstra. Le total atteint 60,5 milliards, dont une partie en actions Telstra.

Depuis, l'État n'a plus rien versé. Selon le fonds, ses placements ont ajouté plus de 229,2 milliards de dollars à cette mise de départ.

Le démarrage a été prudent. La première année, l'argent est resté déposé à la banque centrale, le temps de bâtir une équipe et une stratégie. Au 30 juin 2007, le fonds détenait, outre Telstra, 1,85 milliard en actions australiennes et 2,0 milliards en actions étrangères.

La crise financière a ensuite freiné les achats. Fin 2007, le fonds a ralenti la montée de ses actions cotées, qui ne pesaient que 28,9 % du portefeuille au 30 juin 2008. Il a surtout recruté pour investir ensuite dans le non-coté.

Une cible : l'inflation plus 4 à 5 points

Le mandat fixé par le gouvernement vise un rendement moyen d'au moins l'inflation plus 4 à 5 points par an, sur le long terme. Jusqu'en 2017, la cible était plus haute : l'inflation plus 4,5 à 5,5 points. Le risque doit rester acceptable sans être excessif.

Sur l'exercice 2025-26, clos le 30 juin, le fonds a rapporté 14,8 %, pour une cible de 8,0 %. Sur dix ans, il affiche 9,0 % par an contre 7,1 %. Depuis sa création en mai 2006, la moyenne atteint 8,3 % par an, pour une cible de 7,0 %.

Sur cinq ans, en revanche, le fonds reste sous sa cible : 8,0 % par an contre 8,4 %. La cible suit l'inflation, elle grimpe donc quand les prix accélèrent.

Rendement annuel du Future Fund et cible du mandat, au 30 juin 2026, en % (en %)
8,37Depuismai 200697,1Dix ans88,4Cinq ans14,88Exercice2025-26Rendement du fondsCible du mandat

Rendements en dollars australiens, par an en moyenne sur chaque période. La cible vaut l'inflation plus 4 à 5 points depuis 2017, plus 4,5 à 5,5 points auparavant. Source : Future Fund, Annual Report 2025–26.

Au 30 juin 2026, le portefeuille était très diversifié. Les actions australiennes n'en représentaient que 10,5 %.

Classe d'actifs Part du fonds au 30 juin 2026
Actions des pays développés 29,1 %
Placements alternatifs 14,9 %
Capital-investissement 12,1 %
Infrastructures et forêts 11,5 %
Actions australiennes 10,5 %
Crédit 8,1 %
Liquidités 5,4 %
Actions des pays émergents 4,6 %
Immobilier 3,8 %

Le fonds gère aussi son exposition aux monnaies. À la même date, les devises des pays développés représentaient l'équivalent de 39 % du fonds, celles des pays émergents 8 %.

Des retraits toujours repoussés

En 2017, le gouvernement a reporté les premiers retraits à 2026-27 au plus tôt. En novembre 2024, il les a de nouveau repoussés, à 2032-33 au plus tôt. D'ici là, le fonds prévoit d'atteindre 380 milliards de dollars.

Quand ils viendront, les retraits alimenteront le budget général de l'État, qui paie notamment les pensions à prestations définies. Le fonds ne verse donc pas les retraites lui-même : il doit soulager le budget qui les paie.

Le même mandat de 2024 a ajouté trois priorités nationales : la transition énergétique, le logement et les infrastructures en Australie. Le conseil des gardiens, qui dirige le fonds, n'y investit que si le couple rendement-risque convient. Il y a engagé environ 3,5 milliards de dollars depuis fin 2024.

Le rapport insiste sur l'indépendance du conseil et sur des décisions fondées sur des critères commerciaux. C'est l'une des protections décrites dans l'article sur les tentations politiques, qui fixent souvent le destin d'un fonds public.

La France a pris une autre route. Le Fonds de réserve pour les retraites, créé en 1999, a été réorienté en 2010. Il sert depuis à rembourser la dette sociale, sans avoir payé de pensions.

Le président du conseil met en regard deux montants de l'exercice 2025-26. Le fonds a gagné 37,4 milliards de dollars, quand l'État payait 25,2 milliards d'intérêts sur sa dette.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Le fonds dépasse déjà le pic prévu du passif, mais la comparaison est fragile. Le chiffre de 190,5 milliards est une projection de 2023, limitée aux deux régimes civils. Le fonds doit aussi couvrir d'autres engagements de l'État.

Les 380 milliards de 2032-33 sont une prévision du fonds, pas un montant garanti. Ils dépendent des rendements des années à venir.

Les rendements sont exprimés en dollars australiens et avant inflation. Une année à 14,8 % ne dit rien de la suivante : sur cinq ans, le fonds est resté sous sa cible.

Reporter les retraits ne fait pas disparaître la dépense. En attendant, les pensions des anciens agents restent payées par le budget courant. Laisser le capital croître n'est un gain que si son rendement dépasse le coût de la dette que l'État porte à côté.

Enfin, ces montants ne sont pas convertis en euros. Le site présente le cadre général du pays, dont l'épargne retraite obligatoire, dans ses exemples étrangers.

Conclusion

Le Future Fund a d'abord été pensé comme une caisse pour les retraites des fonctionnaires. En repoussant ses retraits, l'État australien en a fait un fonds souverain de long terme. Il le présente désormais comme une richesse publique pour les générations futures, sans avoir encore dit quand ni comment il y puisera.

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Statut des contenus : Faits sourcés · Hypothèses signalées · Simulations encadrées · Propositions attribuées.

Sources

« Contenu éducatif, sans conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. »

Méthode et sources · Politique de correction

Dernière mise à jour : 2 novembre 2026 · Prochaine révision prévue : Rapport annuel 2026-27 du Future Fund, attendu à l'automne 2027