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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Comprendre les chiffres · Comparaison

Les retraites pèsent combien dans le PIB ?

Publié le 5 octobre 2026

La France consacre 14,1 % de sa richesse annuelle à ses retraites. Le chiffre revient souvent pour dire qu'elle dépense bien plus que ses voisins. Il est exact, mais la comparaison qui l'accompagne ne compare pas toujours la même chose.

L'enjeu est de savoir ce que mesure ce ratio. Une dépense publique élevée peut traduire des pensions généreuses, une population plus âgée, ou simplement l'absence de pensions privées.

L’essentiel : En 2025, les retraites ont coûté 422,2 milliards d'euros en France, soit 14,1 % du PIB et 24,3 % des dépenses publiques, selon le COR. La dépense publique de retraite française, 13,4 % du PIB en 2022 selon l'OCDE, est parmi les plus élevées, contre 8,1 % en moyenne, mais l'écart se réduit nettement une fois les pensions privées ajoutées.

Ce que la France dépense

Selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), les dépenses brutes du système de retraite ont atteint 422,2 milliards d'euros en 2025. Cela représente 14,1 % du produit intérieur brut (PIB) et 24,3 % de l'ensemble des dépenses publiques.

L'essentiel va aux pensions. Les pensions de droit direct, celles que chacun a acquises par son travail, coûtent 361 milliards d'euros, soit 12,1 % du PIB. Les pensions de réversion, versées aux veufs et aux veuves, en coûtent 39 milliards, soit 1,3 % du PIB.

Le reste, 0,7 % du PIB, couvre notamment la gestion, l'action sociale et l'allocation de solidarité aux personnes âgées. Une fois déduits les prélèvements sociaux qui pèsent sur les pensions, la dépense nette tombe à 394 milliards d'euros, soit 13,2 % du PIB.

Le ratio bouge aussi avec le PIB. Il a culminé à 14,7 % en 2020, quand la crise sanitaire a fait reculer l'activité, contre 13,9 % en moyenne sur les dix dernières années. Le COR le projette à 14,2 % en 2045 et à 15,3 % en 2070.

La comparaison publique : la France dans le haut du classement

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) compare la dépense publique de retraite de ses membres. En moyenne, elle est passée de 6,7 % du PIB en 2000 à 8,1 % pour la dernière année disponible.

La France y figure à 13,4 % du PIB en 2022, dans le groupe de tête avec l'Autriche et le Portugal. Seules la Grèce et l'Italie dépassent 16 %. Les Pays-Bas sont à 6,4 % en 2021.

Le chiffre de l'OCDE et celui du COR ne portent ni sur la même année ni sur le même champ. L'OCDE retient les prestations de vieillesse et de survie versées en espèces, en 2022. Le COR couvre l'ensemble des dépenses des régimes obligatoires en 2025, gestion comprise.

Mesurée en part des dépenses publiques, la hiérarchie est la même. Les pensions publiques en représentent 22,9 % en France selon l'OCDE, contre 17,7 % en moyenne et 14,0 % aux Pays-Bas.

Ajouter les pensions privées change le classement

La dépense publique ne dit pas tout ce qu'un pays consacre à ses retraités. Dans plusieurs pays, une part importante des pensions vient de fonds de pension ou de plans d'entreprise. L'OCDE les recense séparément.

Dépenses de retraite en % du PIB, dernière année disponible
Italie16,1 %16,6 %Autriche14 %14,6 %France13,4 %13,7 %États-Unis7,3 %13 %Suisse6,6 %12,3 %Allemagne10,8 %11,5 %Pays-Bas6,4 %10,2 %Suède8 %10 %Canada5,9 %9,4 %Moyenne OCDE8,1 %9,4 %Islande2,9 %8,1 %Australie3,4 %7,9 %Dépense publiqueDépense publique et privée

Données de 2021, sauf France, Canada et Australie (2022) et États-Unis (2023). Source : OCDE, Pensions at a Glance 2025, tableaux 8.2 et 8.3.

En France, l'ajout du privé ne change presque rien : la dépense passe de 13,4 % à 13,7 % du PIB. Aux États-Unis, elle passe de 7,3 % à 13,0 %. En Suisse, de 6,6 % à 12,3 %, et aux Pays-Bas, de 6,4 % à 10,2 %.

L'écart est faible en Italie, de 16,1 % à 16,6 %, et en Autriche, de 14,0 % à 14,6 %. L'Allemagne passe de 10,8 % à 11,5 %, la Suède de 8,0 % à 10,0 %. Le privé pèse davantage au Canada, de 5,9 % à 9,4 %, en Islande, de 2,9 % à 8,1 %, et en Australie, de 3,4 % à 7,9 %. La moyenne de l'OCDE monte de 8,1 % à 9,4 %.

Selon l'OCDE, le privé représente 64 % des dépenses de retraite en Islande, et environ la moitié en Australie, en Suisse et aux États-Unis. Une fois tout compté, l'Italie arrive en tête avec 16,6 % du PIB. Suivent la Grèce, l'Autriche, puis la France à 13,7 %.

L'écart entre la France et la moyenne de l'OCDE passe ainsi de 5,3 points à 4,3 points. Il reste important, mais il ne se lit plus de la même façon. Une partie de la différence tient au mode de financement, pas seulement au niveau des pensions.

Pourquoi le privé pèse si peu en France

Selon le COR, les retraites françaises reposent très majoritairement sur des systèmes publics par répartition, comme en Allemagne, en Belgique, en Espagne ou en Italie. La retraite supplémentaire existe, mais elle reste modeste. Selon la Drees, elle a versé 8,9 milliards d'euros de prestations en 2024.

Les dispositifs en jeu sont décrits dans l'article sur la capitalisation qui existe déjà en France. Aux Pays-Bas, à l'inverse, 97,4 % de la population d'âge actif participait en 2023 à un plan de retraite obligatoire ou quasi obligatoire, selon l'OCDE. Le pays est présenté sur la page consacrée aux pays qui capitalisent.

Ce choix a une conséquence sur le ratio public. Un pays qui finance ses pensions par des fonds privés affiche une dépense publique plus faible, même si ses retraités reçoivent autant. La grille de lecture des modèles internationaux aide à comparer ces architectures.

Ce que le ratio ne mesure pas

Le ratio est brut. Les pensions sont souvent imposées, et une partie de la dépense revient aux finances publiques. Selon l'OCDE, la dépense publique nette d'impôts et de cotisations tombe à 12,0 % du PIB en France.

Le ratio dépend aussi de la démographie. Un pays plus âgé dépense mécaniquement davantage, à pensions égales. Le rapport entre actifs et retraités, détaillé dans l'article sur les cotisants par retraité, pèse directement sur ce chiffre.

Le dénominateur compte autant que le numérateur. En 2021, rapportées au nombre d'habitants, les dépenses de retraite plaçaient la France au sixième rang des pays suivis par le COR. En part du PIB, elle était deuxième, derrière l'Italie. Le COR y voit en partie l'effet d'un PIB plus faible, rapporté à la population, que dans d'autres pays.

Enfin, certains pays soutiennent l'épargne retraite par des avantages fiscaux. Aux Pays-Bas, ils représentaient 1,9 % du PIB en 2021. L'OCDE précise que ces montants ne doivent pas être additionnés aux dépenses publiques.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Les données de l'OCDE ne portent pas toutes sur la même année. Elles datent de 2021 pour la plupart des pays, de 2022 pour la France et de 2023 pour les États-Unis. Le COR, de son côté, s'appuie sur les comptes des régimes français, avec un champ différent.

Une dépense privée n'est pas gratuite. Elle repose sur des cotisations des salariés et des employeurs, ou sur une épargne individuelle. Elle pèse sur les revenus des actifs, mais n'apparaît pas dans les comptes publics.

Le ratio ne dit rien du niveau de vie des retraités, ni de la répartition des pensions entre eux. Deux pays au même ratio peuvent verser des pensions très différentes, selon le nombre de retraités et l'âge de départ.

Conclusion

Avec 14,1 % du PIB en 2025, la France figure parmi les pays qui dépensent le plus pour leurs retraites publiques. L'écart avec ses voisins tient en partie à un choix d'architecture : presque tout passe par des régimes publics, presque rien par des fonds privés. Comparer les seules dépenses publiques revient à comparer des systèmes qui ne financent pas leurs pensions de la même façon.

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