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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Capitalisation personnelle · Explication

Rendement réel : ce que l'inflation retire

Publié le 5 octobre 2026

En 2022, les fonds en euros des contrats d'assurance-vie ont rapporté en moyenne 1,91 %. La même année, les prix ont augmenté de 5,2 %. Les épargnants ont gagné des euros, et perdu du pouvoir d'achat.

Pour une retraite qui se prépare sur trente ou quarante ans, cette différence est décisive. Un capital de retraite servira à acheter de quoi vivre : c'est en pouvoir d'achat qu'il se mesure.

L’essentiel : Le rendement réel est, à peu près, le rendement affiché moins l'inflation : c'est lui qui dit ce qu'un capital permettra d'acheter. En 2022, un fonds en euros qui rapportait en moyenne 1,91 % a fait perdre environ 3 % de pouvoir d'achat, les prix ayant augmenté de 5,2 %.

Nominal et réel

Le rendement nominal est celui qu'affiche un placement : le nombre d'euros gagnés pour cent euros placés. Le rendement réel est ce qui reste une fois l'inflation déduite : le gain de pouvoir d'achat.

Un placement qui rapporte 4 % quand les prix montent de 4 % ne fait rien gagner en réel. Le capital a augmenté, mais il n'achète pas davantage qu'un an plus tôt.

Le calcul

En première approximation, le rendement réel est le rendement nominal moins l'inflation. Le calcul exact divise l'un par l'autre : on divise 1 plus le rendement par 1 plus l'inflation, puis on retire 1.

Appliqué à 2022, le calcul donne ceci. Les fonds en euros ont rapporté 1,91 %, nets de frais de gestion et avant prélèvements sociaux, selon l'ACPR. L'Insee mesure une inflation annuelle de 5,2 %. Le rendement réel moyen a donc été d'environ −3,1 %.

L'année était exceptionnelle : selon l'Insee, l'inflation avait été de 1,6 % en 2021 et de 0,5 % en 2020. Elle montre pourtant qu'un placement sans risque apparent peut faire perdre de la valeur.

Ce que l'inflation fait sur quarante ans

Sur une année, quelques points d'inflation paraissent supportables. Sur une carrière, ils se composent, exactement comme des intérêts, mais en sens inverse.

Voici ce que vaudraient 100 000 € dans quarante ans, en pouvoir d'achat d'aujourd'hui, selon l'inflation moyenne.

Pouvoir d'achat de 100 000 € dans 40 ans, selon l'inflation moyenne (en €)
67 1651 % par an45 2892 % par an30 6563 % par an

Source : calcul du blog.

À 2 % d'inflation, un capital de 100 000 € dans quarante ans n'achètera que ce que 45 289 € achètent aujourd'hui. À 1 %, il en vaudrait 67 165 €, à 3 % seulement 30 656 €. Un capital nominal qui semble important peut donc représenter un revenu modeste.

Trois rendements, relus en réel

La plupart des placements publient d'abord un rendement nominal. Le relire en réel change parfois tout.

Placement Période Nominal Réel
Fonds norvégien 1998-2025 6,64 % par an 4,34 % par an, net de frais
Fonds de réserve pour les retraites 2004-2010 3,1 % par an 1,4 % par an
Fonds en euros, moyenne 2022 1,91 % environ −3,1 %

Le fonds norvégien publie lui-même son rendement réel net. Il en a même fait la base de sa règle de dépense, comme le montre l'étude de cas du fonds norvégien. Pour le FRR, la Cour des comptes a fait le calcul en 2011. Elle trouve 3,1 % par an en nominal, mais 1,4 % seulement une fois l'inflation prise en compte.

Pourquoi ce blog raisonne en réel

Toutes les simulations du blog sont exprimées en euros constants, avec un rendement réel. C'est la seule façon de comparer un capital futur à un revenu actuel.

Ses trois scénarios, 0 %, 2,5 % et 4 % de rendement réel, correspondent, avec une inflation de 2 %, à des rendements nominaux d'environ 2 %, 4,5 % et 6,1 %. Un scénario défavorable à 0 % réel n'est donc pas un placement qui ne rapporte rien : c'est un placement qui rapporte exactement l'inflation.

Les simulateurs du site, eux, appliquent des rendements nominaux historiques. Leurs montants sont en euros de l'époque, pas d'aujourd'hui, et ne se comparent pas directement à ceux du blog. L'inflation est d'ailleurs l'un des cinq leviers d'un capital, le seul qui joue toujours contre l'épargnant.

Le doublement, en nominal et en réel

Le site rappelle un repère utile : le temps nécessaire pour doubler un capital s'obtient à peu près en divisant 72 par le rendement annuel. Le repère change de sens selon le rendement utilisé.

À 4,5 % nominal, un capital double en un peu moins de seize ans, en euros. Avec 2 % d'inflation, son pouvoir d'achat met plus de vingt-huit ans à doubler. Les intérêts composés ne travaillent vraiment que sur la part réelle du rendement.

L'inflation pendant la retraite

L'inflation ne s'arrête pas au départ en retraite. Une rente fixe de 1 000 € par mois, jamais revalorisée, n'achèterait plus que l'équivalent de 673 € d'aujourd'hui au bout de vingt ans, avec 2 % d'inflation. Au bout de vingt-cinq ans, l'équivalent de 610 €.

La question de l'indexation compte donc autant que le montant de départ. Une rente revalorisée comme les prix garde son pouvoir d'achat ; une rente fixe en euros le perd année après année. Comparer deux rentes sans regarder leur règle de revalorisation revient à comparer deux montants qui ne vieillissent pas de la même façon.

Ce que ces chiffres ne disent pas

L'inflation mesurée par l'Insee porte sur un panier moyen de consommation. Celui d'un retraité n'est pas celui d'un actif : la santé, le logement ou l'énergie n'y pèsent pas autant. Le rendement réel d'un retraité peut donc différer de celui calculé ici.

La fiscalité porte en général sur les gains nominaux. Un épargnant peut payer un impôt sur un gain qui, en pouvoir d'achat, n'en est pas un.

Enfin, personne ne connaît l'inflation des quarante prochaines années. Les chiffres passés montrent l'ordre de grandeur de l'enjeu, pas son montant futur.

Conclusion

Pour une retraite, le rendement qui compte est celui qui reste une fois l'inflation déduite, quel que soit le chiffre affiché par le placement. Sur quarante ans, deux points d'inflation divisent le pouvoir d'achat d'un capital par plus de deux. C'est pourquoi ce blog ne parle qu'en rendement réel et en euros constants.

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