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Modèles internationaux · Étude de cas

Danemark : les pensions professionnelles

Publié le 5 octobre 2026

Au Danemark, la plupart des salariés épargnent pour leur retraite sans l'avoir décidé eux-mêmes. La cotisation figure dans leur convention collective, et l'employeur la verse au fonds de pension prévu par l'accord. Ces régimes naissent de la négociation collective, sans loi qui les impose.

Ils montrent aussi une transformation profonde : les rendements garantis ont presque disparu des nouveaux versements.

L’essentiel : Au Danemark, la plupart des salariés cotisent à un fonds de pension parce que leur convention collective le prévoit : 12 % du salaire en général selon l'OCDE, 13 % dans l'industrie depuis mai 2025. Ces régimes ont presque abandonné les rendements garantis : en 2025, 82,5 % des primes versées aux assureurs et caisses de retraite danois allaient à des produits où l'épargnant porte le risque des marchés.

Une cotisation écrite dans la convention collective

Le système danois superpose plusieurs étages. La pension publique et le régime collectif ATP en forment la base, décrite dans Danemark : ATP, la base collective. Les pensions professionnelles s'ajoutent à cette base.

L'OCDE classe ces régimes parmi les régimes « quasi obligatoires ». Les employeurs d'une branche s'engagent par convention collective, et leurs salariés doivent adhérer au régime prévu. Les branches non couvertes par un accord y échappent.

Le taux de cotisation se négocie lui aussi. L'OCDE retient un taux typique de 12 % du salaire pour ces régimes. Dans l'industrie, il est passé de 12 % à 13 % le 1er mai 2025, selon le fonds de la branche.

Des fonds créés par les partenaires sociaux

Industriens Pension gère le régime de l'industrie depuis sa création, en 1993. Sa société mère appartient aux organisations patronales et syndicales signataires de la convention. Fin 2025, il comptait 448 943 membres, dont 176 635 cotisaient par leur employeur, et 57 850 retraités.

PensionDanmark gère les pensions de 851 700 assurés, dont 418 700 actifs. Toutes ses primes proviennent de contrats de travail fondés sur des conventions collectives ou des accords comparables. Son statut lui interdit de distribuer des bénéfices à sa maison mère : ses réserves ne peuvent servir qu'aux assurés.

D'autres sociétés gèrent des régimes d'entreprise et des contrats individuels. PFA, le plus grand acteur avec environ 1,3 million de clients, travaille pour des entreprises, des organisations et des particuliers. Le modèle des fonds de branche rappelle celui des Pays-Bas, décrit dans des fonds gérés par les partenaires sociaux.

Un secteur de 4 547 milliards de couronnes

Le régulateur danois, Finanstilsynet, suit ensemble les assureurs-vie et les caisses de retraite de branche. Fin 2025, leurs actifs de placement atteignaient 4 547 milliards de couronnes danoises. Les placements dits alternatifs en représentaient 16 %.

Les plus grands acteurs, mesurés par leurs actifs, étaient PFA avec 875 milliards de couronnes, Danica avec 609 milliards et PensionDanmark avec 385 milliards. Suivaient Velliv, Sampension et Industriens Pension, entre 267 et 355 milliards.

En 2025, le secteur a reçu 293,7 milliards de couronnes de primes et versé 239,1 milliards de prestations. Ses fonds propres couvraient 250 % de son exigence de capital réglementaire.

La fin des rendements garantis

Deux familles de produits coexistent. Dans les produits à « taux moyen », la forme traditionnelle, l'assureur crédite chaque année un taux qu'il fixe, et absorbe les écarts avec une réserve collective. Dans les produits à « taux de marché », l'épargne suit directement les placements, à la hausse comme à la baisse.

Les nouveaux versements vont presque tous à la seconde famille. En 2025, les produits à taux de marché recevaient 242,2 milliards de couronnes de primes, contre 51,5 milliards pour les produits à taux moyen.

Primes brutes versées aux assureurs-vie et caisses de retraite danois, en milliards de couronnes
16550,4202116951,4202217949202320749,2202424251,52025Produits à taux de marchéProduits à taux moyen

Source : Finanstilsynet, Sektoren i tal 2025, tableau 1.

De 2021 à 2025, les primes des produits à taux de marché sont passées de 165,1 à 242,2 milliards. Celles des produits à taux moyen sont restées entre 49,0 et 51,5 milliards. Fin 2025, les produits à taux de marché représentaient 60 % des engagements du secteur, contre 57 % un an plus tôt.

Les fonds de branche ont suivi ce mouvement. Chez Industriens Pension, l'épargne de tous les membres qui n'étaient pas retraités au 1er juin 2012 est passée en taux de marché. Chez PensionDanmark, la très grande majorité des membres porte seule le risque financier, et les pensions s'ajustent si l'espérance de vie dépasse les prévisions.

Un risque qui change de mains

Le produit de cycle de vie d'Industriens Pension place toute l'épargne des membres jusqu'à 51 ans dans un portefeuille offensif. La part prudente augmente ensuite avec l'âge. En 2025, le portefeuille offensif a rapporté 9,2 % et le portefeuille prudent 2,5 %.

Les écarts entre produits se voient d'une année à l'autre. En 2022, les produits à taux de marché du secteur ont perdu 10,26 %, et ceux à taux moyen 12,96 %. En 2025, ils ont gagné 8,30 % et 4,84 %.

Les frais restent modestes. Le secteur déclare 891 couronnes de frais par assuré en 2025, soit 0,21 % des engagements. Industriens Pension annonce 300 couronnes par membre, PensionDanmark 320 couronnes. Le site détaille ce que pèsent les frais sur une longue durée.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Les statistiques de Finanstilsynet couvrent tous les assureurs-vie et caisses de retraite de branche. Elles incluent des contrats individuels et des régimes d'entreprise sans convention collective, mais pas le régime ATP. Elles ne mesurent donc pas les seules pensions conventionnelles.

Les montants sont en couronnes danoises et les rendements nominaux, avant inflation. Ils ne se comparent pas directement à des montants en euros ni aux rendements réels de ce blog. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Un rendement moyen cache aussi l'âge. En 2025, PensionDanmark a servi 8,6 % aux membres de 50 ans et moins, et 5,7 % à ceux de 67 ans, dont l'épargne est plus prudente.

Enfin, le taux de 12 % n'est qu'un ordre de grandeur. Chaque convention fixe le sien, et les salariés hors convention peuvent n'avoir aucun régime professionnel.

Conclusion

Les pensions professionnelles danoises reposent sur une obligation contractuelle : la convention collective fixe la cotisation et désigne souvent le fonds. Ces fonds, détenus pour certains par les partenaires sociaux, ont transféré l'essentiel du risque de marché aux épargnants. Ceux-ci y gagnent une épargne plus exposée aux actions dans la jeunesse, avec des frais modestes chez les fonds de branche. Ils y perdent la garantie : leur capital varie avec les marchés jusqu'à la retraite.

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