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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Comprendre les chiffres · Explication

Espérance de vie : à la naissance, à 60 ans

Publié le 5 octobre 2026

Selon l'Insee, l'espérance de vie à la naissance des femmes atteint 85,9 ans en 2025. La même année, une femme de 60 ans peut espérer vivre jusqu'à 87,9 ans. Les deux chiffres viennent du même bilan démographique et ne se contredisent pas.

Pour parler de retraites, choisir l'un ou l'autre change la durée qu'il faut financer. Il faut donc savoir ce que mesure chacun.

L’essentiel : En 2025, l'espérance de vie à la naissance atteint 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes ; à 60 ans, il leur reste en moyenne 27,9 et 23,9 années à vivre. Pour parler de retraite, c'est la seconde mesure qui compte, à compléter par les années sans incapacité et par les écarts sociaux, qui atteignent 13 ans chez les hommes entre les plus modestes et les plus aisés.

Ce que mesure l'espérance de vie

L'espérance de vie n'est pas une prévision. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) reprend la définition commune aux organismes statistiques. C'est « la durée de vie moyenne d'une génération fictive ». Cette génération connaîtrait toute sa vie « les conditions de mortalité par âge de l'année considérée ».

Autrement dit, elle résume en un chiffre les risques de décès observés une année donnée, à chaque âge. La Drees le dit ainsi : « il ne s'agit donc pas d'un indicateur prédictif mais d'un résumé des taux de mortalité observés ».

Le même calcul peut partir de n'importe quel âge. L'espérance de vie à 60 ans est le nombre moyen d'années qui restent à vivre aux personnes de cet âge. Elle se calcule, elle aussi, dans les conditions de mortalité de l'année.

À la naissance, à 60 ans, à 65 ans

En 2025, l'espérance de vie à la naissance s'établit à 85,9 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes, selon l'Insee. À 60 ans, il reste en moyenne 27,9 années à vivre aux femmes et 23,9 années aux hommes.

Une femme de 60 ans peut donc espérer atteindre 87,9 ans, et un homme 83,9 ans. C'est 2 ans de plus que l'espérance de vie à la naissance pour les femmes, et 3,6 ans pour les hommes.

L'écart n'a rien de paradoxal. L'espérance de vie à la naissance compte aussi les décès survenus avant 60 ans : mortalité infantile, accidents, maladies précoces. Les personnes qui ont atteint 60 ans ont, par définition, échappé à ces risques.

Quatre mesures de l'espérance de vie, en années (en ans)
85,980,3À la naissance27,923,9Restant àvivre à 60 ans23,619,9Restant àvivre à 65 ans11,810,5Dont sansincapacité, à 65 ansFemmesHommes

Naissance et 60 ans : 2025, données provisoires. 65 ans et années sans incapacité : 2024. Source : Insee, bilan démographique 2025 ; Drees, Études et Résultats n° 1363.

Selon la Drees, en 2024, une femme de 65 ans pouvait espérer vivre encore 23,6 ans, un homme 19,9 ans. Le COR donne 23,6 et 20 ans pour 2025.

Ces mesures ont progressé. Depuis 2005, l'espérance de vie à 60 ans est passée de 26,4 à 27,9 années pour les femmes. Pour les hommes, elle est passée de 21,4 à 23,9 années. L'écart entre les sexes se réduit aussi : à la naissance, il est de 5,6 ans en 2025, contre 7,1 ans en 2005.

Des années en bonne santé ?

Vivre plus longtemps ne dit pas dans quel état. La Drees mesure donc l'espérance de vie sans incapacité, à partir d'une question d'enquête. « Êtes-vous limité(e), depuis au moins six mois, à cause d'un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? »

En 2024, une femme de 65 ans peut espérer vivre 11,8 ans sans incapacité, un homme 10,5 ans. Ces années représentent 50 % du temps qui reste à vivre aux femmes, et 53 % aux hommes, contre 45 % et 48 % en 2008.

De 2008 à 2024, l'espérance de vie sans incapacité à 65 ans a gagné 1 an et 9 mois pour les deux sexes. Le COR note qu'elle a crû plus vite que l'espérance de vie sur cette période. Mais depuis 2019, le gain n'est que de 4 mois pour les femmes et d'un mois pour les hommes.

Des écarts sociaux importants

La moyenne nationale cache de fortes différences selon le niveau de vie. Sur 2020-2024, l'espérance de vie à la naissance des hommes parmi les 5 % les plus aisés atteint 85,0 ans, selon l'Insee. Parmi les 5 % les plus modestes, elle est de 72,0 ans.

Espérance de vie à la naissance selon le niveau de vie, 2020-2024 (en ans)
80,188,7Femmes7285Hommes5 % les plus modestes5 % les plus aisés

Source : Insee, Insee Première n° 2085.

L'écart atteint 13 ans chez les hommes et 9 ans chez les femmes. Il s'est légèrement creusé depuis 2012-2016 : de 12,7 à 13,0 ans chez les hommes, de 8,3 à 8,7 ans chez les femmes.

Ces écarts restent sensibles à l'âge de la retraite, selon l'Insee. À 60 ans, le risque de décès dans l'année est six fois plus élevé chez les hommes les plus modestes que chez les plus aisés. Ce rapport tombe à 2 à 80 ans. Les deux groupes comparés sont les 5 % les plus modestes et les 5 % les plus aisés.

L'Insee précise que ces chiffres sous-estiment probablement l'écart réel. Ils classent les personnes selon leur niveau de vie à un moment donné. Sur toute une vie, l'écart serait supérieur à 13 ans chez les hommes et à 9 ans chez les femmes.

Quelle mesure pour quelle question

Chaque indicateur répond à une question différente. L'espérance de vie à la naissance sert à comparer l'état de santé de populations ou de pays. Elle n'indique pas combien de temps dure une retraite.

Pour estimer la durée moyenne d'une retraite, la bonne mesure est l'espérance de vie à l'âge de départ, autour de 60 ou 65 ans. Le COR suit celle de 65 ans. Dans le scénario central, elle atteindrait 26,3 ans pour les femmes et 24,4 ans pour les hommes en 2070.

Pour savoir combien de ces années seront vécues en bonne santé, il faut l'espérance de vie sans incapacité. Et pour juger si un même âge de départ traite chacun de la même façon, il faut regarder les écarts sociaux.

La question compte aussi pour la capitalisation. Un capital doit couvrir une durée que personne ne connaît à l'avance, et une moyenne ne protège pas ceux qui vivent plus longtemps. C'est le sujet de l'article un capital n'est pas un revenu.

Pour la répartition, l'allongement de la vie après 65 ans est l'une des causes de la baisse du nombre de cotisants par retraité. Le site rappelle, dans sa section répartition et capitalisation, que l'équilibre de la répartition dépend de ce rapport.

Ce que ces chiffres ne disent pas

L'espérance de vie d'une année ne prédit pas la durée de vie d'une génération. L'Insee rappelle que les générations récentes bénéficieront sans doute d'avancées médicales. Les chiffres de 2025 sont en outre provisoires.

L'espérance de vie sans incapacité repose sur des réponses déclarées à une enquête. Ses variations d'une année sur l'autre sont à lire avec prudence, selon la Drees, qui privilégie les tendances longues.

Enfin, une moyenne nationale, même déclinée par sexe, ne dit rien d'une personne en particulier. L'espérance de vie à 60 ans figure d'ailleurs parmi les dix indicateurs du débat, avec ce piège : c'est une moyenne calculée sur une seule année.

Conclusion

L'espérance de vie à la naissance, 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes en 2025, mesure la mortalité d'une année. Pour une retraite, la mesure utile est celle de 60 ou 65 ans. À 60 ans, il reste près de 28 années à vivre aux femmes, et 24 aux hommes.

Environ la moitié des années après 65 ans sont vécues sans incapacité. Et derrière la moyenne, l'écart entre les plus modestes et les plus aisés atteint 13 ans chez les hommes.

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