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Capitalisation d'État · Décryptage

Fonds norvégien : un trimestre perdu par les obligations

Publié le 27 octobre 2026

Le fonds souverain norvégien a publié ses comptes du troisième trimestre le 22 octobre. Il a perdu 0,5 %, après un premier semestre record. Cette fois, ce sont les obligations qui ont pesé, pas les actions.

Le résultat montre comment se lit le trimestre d'un fonds de long terme : par ses moteurs, par sa monnaie de mesure et par sa durée.

L’essentiel : Le fonds souverain norvégien a perdu 0,5 % au troisième trimestre 2026 : ses obligations ont reculé de 3,5 % sous l'effet de la hausse des taux, ses actions n'ont gagné que 0,5 %. Mesuré en couronnes, il a perdu 670 milliards, dont 472 milliards dus à la seule hausse de la couronne.

Un trimestre presque plat

Ce fonds, géré par la banque centrale, place les revenus pétroliers de l'État hors de Norvège. Son origine est décrite dans l'article sur le fonds né du pétrole. Au 30 septembre 2026, il valait 22 014 milliards de couronnes.

De juillet à septembre, il a rendu -0,5 %, mesuré dans son panier de devises. C'est 0,18 point de moins que son indice de référence. Les quatre classes d'actifs ont évolué très différemment.

Classe d'actifs Part du fonds au 30 septembre Rendement du trimestre
Actions 72,1 % +0,5 %
Obligations 25,8 % -3,5 %
Immobilier non coté 1,6 % +0,4 %
Énergies renouvelables non cotées 0,5 % +7,5 %
Ensemble du fonds 100 % -0,5 %

Les actions, près des trois quarts du fonds, ont à peine progressé. Les obligations, un quart, ont perdu 3,5 %. Le gain de 7,5 % des énergies renouvelables porte sur un demi pour cent de l'actif seulement.

En valeur, les actions représentaient 15 875 milliards de couronnes et les obligations 5 649 milliards. Une perte de 3,5 % sur ce second montant suffit à effacer le léger gain des actions.

La hausse des taux, cause principale

Le directeur général adjoint du fonds, Trond Grande, attribue le résultat à la hausse des taux d'intérêt, qui a affaibli les placements obligataires. Les actions ont fini proches de zéro, avec de grands écarts entre secteurs.

Selon lui, l'énergie a le plus progressé. Les secteurs sensibles aux taux, comme les services aux collectivités et l'immobilier, ont reculé. Quand les taux montent, une obligation déjà émise vaut moins, car les titres neufs rapportent davantage.

Le même mécanisme a frappé ailleurs. Au Chili, le fonds de pension le plus prudent a perdu plus de 10 % en neuf mois, avec 93 % d'obligations. Le fonds norvégien n'en détient qu'un quart de son actif, ce qui a limité la perte.

Une année qui reste en hausse

Le trimestre s'inscrit dans une année heurtée. Au premier trimestre, le fonds avait perdu 1,9 %, à cause de la baisse des grandes valeurs technologiques américaines. Sur l'ensemble du premier semestre, il avait gagné 9,4 %.

Le deuxième trimestre a donc rapporté environ 11,5 %, selon notre calcul fondé sur ces deux chiffres. De janvier à septembre, le gain cumulé approche 9 %. Ces deux chiffres sont des calculs du blog, arrondis, et non des données publiées par le fonds.

Période Rendement publié Principal moteur cité par le fonds
Premier trimestre 2026 -1,9 % Baisse des grandes valeurs technologiques américaines
Premier semestre 2026 +9,4 % Valeurs technologiques asiatiques
Troisième trimestre 2026 -0,5 % Hausse des taux, pertes obligataires

Le fonds publie ses résultats chaque trimestre. Ses comptes annuels de 2026 sont attendus au début de 2027.

En couronnes, une baisse de 670 milliards

Le rendement en pourcentage ne dit pas tout. Mesurée en couronnes, la valeur du fonds a baissé de 670 milliards au troisième trimestre. Trois mouvements expliquent cette baisse.

Mouvement du trimestre Milliards de couronnes
Rendement des placements -278
Hausse de la couronne -472
Versements de l'État, nets des frais +80
Variation totale -670

Les placements ont perdu 278 milliards. La couronne s'est appréciée face aux autres monnaies, ce qui a réduit de 472 milliards la valeur convertie des actifs étrangers. L'État a versé 80 milliards nets des frais de gestion.

L'effet de change pèse donc plus que le rendement lui-même. L'article sur le risque de change explique pourquoi le fonds mesure d'abord sa performance en devises. Ses placements sont faits dans ces monnaies, pas en couronnes.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Un trimestre est un horizon très court pour un fonds de cette nature. Depuis le 1er janvier 1998, le fonds a rapporté 6,78 % par an en moyenne. Une fois retirés l'inflation et les frais, il reste 4,41 % par an.

Sur les dix dernières années, le rendement atteint 8,91 % par an, et 5,69 % une fois retirés l'inflation et les frais. Ces moyennes, arrêtées au 30 septembre 2026, incluent de nombreux trimestres négatifs. Elles ne promettent rien pour la suite.

Rendement annuel moyen du fonds norvégien au 30 septembre 2026, en % (en %)
6,784,41Depuis le 1er janvier 19988,915,69Sur les dix dernières annéesRendement brutRendement net réel

Rendements mesurés dans le panier de devises du fonds. Le rendement net réel retire l'inflation et les frais de gestion. Source : Norges Bank Investment Management, Key figures Q3 2026.

L'écart entre les deux colonnes vient surtout de l'inflation : 2,19 % par an en moyenne depuis 1998, 2,99 % sur dix ans. Les frais de gestion ne pèsent que 0,07 et 0,05 point par an. Le site détaille sur sa page les frais ce qu'un écart de cet ordre change dans la durée.

La perte obligataire du trimestre ne dit pas non plus ce que rapporteront ces obligations. Sauf défaut de l'émetteur, un titre conservé jusqu'à son échéance retrouve sa valeur de remboursement. Les taux plus élevés augmentent aussi le revenu des obligations achetées ensuite.

Enfin, le fonds norvégien n'a pas d'engagement de retraite à payer. L'État prélève chaque année une part de sa valeur pour son budget, selon une règle fixée à l'avance. Un fonds qui verse des pensions chaque mois vivrait un tel trimestre autrement.

Conclusion

Le fonds norvégien a perdu 0,5 % au troisième trimestre 2026, sous l'effet de la hausse des taux sur ses obligations. En couronnes, la baisse atteint 670 milliards, surtout à cause du change. L'année reste en hausse à fin septembre, et la moyenne de long terme intègre déjà bien des trimestres comme celui-ci.

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