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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Capitalisation en France · Comparaison

PEA, assurance-vie, PER : trois enveloppes comparées

Publié le 5 octobre 2026

Pour capitaliser soi-même en vue de la retraite, sans attendre un dispositif public, un particulier dispose de trois cadres fixés par la loi. Le plan d'épargne en actions, l'assurance-vie et le plan d'épargne retraite n'admettent pas les mêmes placements et ne libèrent pas l'argent au même moment. Leur fiscalité diffère aussi, et la loi l'a encore modifiée en 2026.

Le rendement dépend des placements choisis et des frais. L'enveloppe fixe les conditions dans lesquelles ce rendement s'accumule, se retire et se transmet.

L’essentiel : Le PEA plafonne les versements à 150 000 € et n'accueille que des actions européennes, l'assurance-vie n'a pas de plafond et accueille fonds en euros et unités de compte, le PER bloque l'épargne jusqu'à la retraite en échange d'une déduction à l'entrée. Depuis 2026, les gains d'un PEA ou d'un PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux, ceux de l'assurance-vie 17,2 %.

Les trois enveloppes, règle par règle

Les règles ci-dessous sont celles en vigueur en octobre 2026. Elles concernent le PER individuel et un PEA ouvert par une personne majeure qui n'est pas rattachée au foyer fiscal de ses parents.

Plan d'épargne en actions Assurance-vie Plan d'épargne retraite individuel
Plafond de versement 150 000 € depuis l'ouverture, un seul plan par personne aucun aucun ; la déduction fiscale est plafonnée
Ce qu'on peut y loger actions de sociétés de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, fonds investis à plus de 75 % dans ces actions ; aucun fonds en euros fonds en euros, unités de compte, fonds euro-croissance titres financiers ; fonds en euros et unités de compte si le plan est un contrat d'assurance
Disponibilité un retrait avant cinq ans clôt le plan, sauf exceptions ; retraits partiels possibles ensuite rachat à tout moment, payé sous deux mois au plus bloqué jusqu'à la retraite, sauf huit cas prévus par la loi
Impôt à l'entrée aucun avantage aucun avantage versements volontaires déductibles, sauf option contraire
Impôt sur le revenu à la sortie gains exonérés après cinq ans ; avant, 12,8 % ou barème gains à 7,5 % après huit ans, à 12,8 % avant, après abattement en capital, versements déduits au barème et gains à 12,8 %
Prélèvements sociaux sur les gains 18,6 % 17,2 % 18,6 %
Au décès plan clôturé, valeur intégrée à la succession versée aux bénéficiaires désignés, avec un abattement de 152 500 € chacun sur les primes versées avant 70 ans clôturé ; contrat d'assurance traité comme l'assurance-vie, compte-titres intégré à la succession

Ce qu'on peut y placer

Le PEA est un cadre d'actions. Le code monétaire et financier n'y admet que des titres de sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés. Leur siège doit se trouver dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen.

Les fonds y entrent s'ils sont investis à plus de 75 % dans ces titres. Ouvert chez un assureur, il ne peut loger que des unités de compte.

L'assurance-vie accueille le fonds en euros, garanti par l'assureur, et des unités de compte, dont la valeur suit les marchés. Le service public précise qu'il n'existe pas de plafond de versement.

Le PER peut être un compte-titres ou un contrat d'assurance. Sous cette seconde forme, il peut comprendre un fonds en euros. Sauf choix contraire du titulaire, l'épargne y est placée en gestion pilotée, qui réduit le risque à l'approche du départ. L'article sur ce que dit la loi sur le PER détaille ce cadre.

Quand l'argent redevient disponible

Les trois enveloppes s'opposent surtout sur ce point. L'assurance-vie se rachète à tout moment : le code des assurances donne deux mois au plus à l'assureur pour payer.

Le PEA impose un délai de cinq ans. Avant ce terme, tout retrait clôt le plan, sauf en cas de licenciement, d'invalidité, de mise à la retraite anticipée ou de création d'entreprise. Après cinq ans, un retrait partiel ne le clôt plus, et de nouveaux versements restent possibles.

Le PER reste bloqué jusqu'à la retraite. La loi prévoit huit cas de sortie anticipée, dont l'achat de la résidence principale.

En échange, les versements volontaires sont déductibles du revenu, dans une limite. Pour un salarié, elle atteint 10 % des revenus d'activité de 2025, plafonnés à 37 680 €. Elle vaut au moins 4 710 €.

L'impôt sur le revenu, à l'entrée et à la sortie

Seul le PER allège l'impôt à l'entrée. Sa sortie en capital est imposée en deux parts : les versements déduits au barème, les gains au taux forfaitaire de 12,8 %. L'intérêt de la déduction dépend de l'écart entre le taux d'imposition de la vie active et celui de la retraite. L'article sur le moment de l'impôt le chiffre.

Le PEA ne déduit rien, mais ses gains échappent à l'impôt sur le revenu après cinq ans. Retirés avant, ils sont imposés comme une plus-value ordinaire, au taux de 12,8 % ou au barème.

L'assurance-vie n'impose que les gains compris dans un rachat. Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, le taux est de 12,8 % avant huit ans. Après huit ans, il tombe à 7,5 %, tant que les primes non remboursées restent sous 150 000 €. Un abattement annuel de 4 600 € s'applique alors, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune.

L'article sur l'assurance-vie comme retraite par défaut détaille ce régime.

Depuis 2026, deux taux de prélèvements sociaux

Les gains supportent aussi des prélèvements sociaux, quelle que soit l'enveloppe. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, du 30 décembre 2025, a relevé la contribution sociale généralisée. Sur les revenus du patrimoine et de placement, elle passe de 9,2 % à 10,6 %. Pour les produits de placement, comme les gains d'un PEA, la hausse s'applique depuis le 1er janvier 2026.

Le taux global atteint ainsi 18,6 %, selon le service public. Il s'applique aux gains d'un PEA et d'un PER. Ajouté au taux forfaitaire de 12,8 %, il porte à 31,4 % le prélèvement sur les gains d'un PER retirés en capital.

L'assurance-vie fait exception. La même loi maintient la contribution à 9,2 % sur ses produits : ses gains supportent 17,2 % de prélèvements sociaux.

Au décès

Au décès, l'assurance-vie revient aux bénéficiaires désignés dans le contrat. Pour les primes versées avant 70 ans, chacun bénéficie d'un abattement de 152 500 €. Au-delà, le prélèvement est de 20 %, puis de 31,25 % après 700 000 €. Les primes versées après 70 ans relèvent des droits de succession, après un abattement global de 30 500 €.

Le PER est clôturé si son titulaire meurt avant de l'avoir débloqué. Sous forme de contrat d'assurance, il suit des règles proches de l'assurance-vie. Si le titulaire meurt après 70 ans, la totalité des sommes relève des droits de succession, au-delà du même abattement de 30 500 €. Sous forme de compte-titres, il entre dans la succession.

Le PEA est clôturé lui aussi. Ses gains échappent alors à l'impôt sur le revenu, même avant cinq ans, mais supportent les prélèvements sociaux. Sa valeur entre dans la succession.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Le tableau compare des cadres juridiques. Il ne dit rien du rendement d'un contrat ou d'un plan donné, qui dépend des placements et des frais, ni du risque pris.

Les règles fiscales changent souvent : la hausse des prélèvements sociaux de 2026 en est un exemple. Une épargne de vingt ou trente ans traversera d'autres lois que celles décrites ici.

Plusieurs régimes sont laissés de côté : le PEA destiné aux PME, l'assurance-vie souscrite avant 1997, les PER d'entreprise, les sorties en rente. Les montants d'abattement et de plafond sont ceux de 2026.

Conclusion

Le PEA, limité aux actions européennes, devient peu imposé après cinq ans de détention. L'assurance-vie reste disponible à tout moment, se transmet aux bénéficiaires désignés et garde depuis 2026 un taux de prélèvements sociaux plus bas.

Le PER bloque l'épargne jusqu'à la retraite. Son avantage tient à la déduction des versements, qui rapporte d'autant plus que le taux d'imposition baissera au départ.

Correction

Le 5 octobre 2026. La hausse de la CSG sur les revenus de placement était attribuée à une loi du 25 juin 2026. Elle vient de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, du 30 décembre 2025. Pour les produits de placement, elle s'applique depuis le 1er janvier 2026.

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