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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Capitalisation personnelle · Simulation

Salaire en hausse : ce que devient l'effort d'épargne

Publié le 17 octobre 2026

La plupart des simulations d'épargne supposent un versement fixe pendant toute la carrière. Or un salaire progresse souvent plus vite que les prix, et un versement fixé en pourcentage du salaire progresse avec lui.

Cette simulation mesure ce que cette hausse change au capital et, surtout, au revenu qu'il permet face au dernier salaire.

L’essentiel : Avec 2 % du salaire épargnés de 25 à 65 ans à 2,5 % de rendement réel, le revenu tiré du capital représente 7,6 % du dernier salaire si le salaire ne progresse pas, et 5,8 % s'il progresse de 1,25 % par an. Le capital est plus gros en euros, mais il pèse moins face à un salaire qui a monté : garder la même proportion demanderait environ 2,6 % au lieu de 2 %.

Le scénario : 2 % du salaire, de 25 à 65 ans

On reprend le salarié de la simulation sur l'âge de départ. Il démarre au salaire brut moyen du privé en 2024, 3 602 € par mois selon l'Insee. Il verse 2 % de son salaire, soit 72,04 € par mois la première année, pendant 40 ans.

Une seule chose change : la hausse annuelle de son salaire au-delà de l'inflation. Le versement est relevé chaque 1er janvier dans la même proportion. Tous les montants sont en euros constants.

Trois rythmes sont testés. Le premier, 0 %, correspond au calcul habituel du versement fixe. Le deuxième, 0,7 % par an, reprend les gains de productivité horaire de l'hypothèse de référence du COR, à compter de 2040.

Le troisième, 1,25 % par an, est la hausse des salaires réels retenue par l'OCDE pour tous les pays. L'OCDE suppose aussi que chaque salaire suit la moyenne, donc que le salarié garde sa place dans l'échelle des revenus. Utiliser la productivité comme rythme des salaires est une simplification.

Le capital à 65 ans

Le tableau donne le salaire de la quarantième année, le total versé et le capital à 65 ans.

Hausse réelle du salaire Dernier salaire Versé Capital à 0 % Capital à 2,5 % Capital à 4 %
0 % 3 602 € 34 579 € 34 579 € 59 054 € 83 917 €
0,7 % 4 728 € 39 746 € 39 746 € 66 354 € 93 105 €
1,25 % 5 847 € 44 512 € 44 512 € 72 996 € 101 393 €

Avec une hausse de 1,25 % par an, le salaire finit 62 % au-dessus de son point de départ. Le salarié verse 29 % de plus au total. Dans le scénario central, son capital gagne 24 %, de 59 054 € à 72 996 €.

Le capital progresse moins vite que les sommes versées. Les euros supplémentaires arrivent surtout en fin de carrière, et ils ont peu de temps pour produire des intérêts composés.

Le revenu tiré du capital, face au dernier salaire

Le capital est ensuite consommé par un retrait mensuel constant pendant 23,6 ans. Le tableau rapporte ce retrait au dernier salaire.

Hausse réelle du salaire Retrait à 0 % Retrait à 2,5 % Retrait à 4 % Retrait central, en % du dernier salaire
0 % 122 € 275 € 454 € 7,6 %
0,7 % 140 € 309 € 503 € 6,5 %
1,25 % 157 € 340 € 548 € 5,8 %
Retrait mensuel en part du dernier salaire, selon la hausse réelle du salaire (en %)
3,47,612,6Salaire stable36,510,6+0,7 % par an2,75,89,4+1,25 % par an0 %2,5 %4 %

Versement de 2 % du salaire de 25 à 65 ans, puis retraits mensuels constants pendant 23,6 ans. Rendements réels nets de frais. Source : Calcul du blog ; salaire brut moyen du privé 2024 (Insee) ; hypothèses de salaires du COR et de l'OCDE.

En euros, le retrait augmente avec le salaire : 340 € par mois au lieu de 275 € dans le scénario central. En part du dernier salaire, il baisse : 5,8 % au lieu de 7,6 %. La même baisse se retrouve dans les trois scénarios de rendement.

Ce ratio est proche de ce que mesure le taux de remplacement : la pension rapportée au revenu de fin de carrière.

Combien verser pour garder la même part

Pour retrouver 7,6 % du dernier salaire dans le scénario central, le taux d'effort doit monter. Il faudrait verser environ 2,34 % du salaire avec une hausse de 0,7 % par an. Avec une hausse de 1,25 %, il faudrait environ 2,63 %.

Le calcul à versement fixe surestime donc ce que l'épargne représentera à la sortie. Avec une hausse de 1,25 % par an, le ratio obtenu est inférieur de près d'un quart.

À total égal, verser tard coûte du rendement

Une seconde comparaison isole l'effet du calendrier. On fixe le total versé à 34 579 €, comme dans le cas du versement fixe, mais on le fait croître de 1,25 % par an.

Le premier versement tombe alors à 55,96 € et le dernier atteint 90,85 €. À 2,5 %, le capital final est de 56 708 €, soit 4,0 % de moins qu'avec des versements égaux. À 4 %, l'écart atteint 6,1 %. À rendement nul, il disparaît.

Le mécanisme est celui que décrit l'article sur le temps et le taux. Un euro versé à 25 ans travaille quarante ans, un euro versé à 64 ans travaille un an.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Une carrière réelle ne suit pas une pente régulière. Le salaire de départ retenu est une moyenne de l'Insee, et la hausse est supposée identique chaque année. Le calcul suppose aussi une carrière complète, sans interruption.

Le dernier salaire est une référence parmi d'autres. Une pension peut aussi se comparer au salaire moyen de la carrière, qui serait ici plus bas que le dernier. Le ratio choisi change le jugement porté sur le même capital.

Les hypothèses de l'OCDE et du COR sont des conventions de long terme, pas des prévisions individuelles. Sur 40 ans, la hausse réelle des salaires peut être plus faible, nulle ou plus forte.

Enfin, les rendements sont supposés constants, nets de frais et sans impôt. Le capital et les retraits ne tiennent compte d'aucune pension par répartition.

Conclusion

Quand le salaire progresse plus vite que les prix, un même taux d'effort produit plus d'euros, mais une part plus faible du dernier salaire. Avec 1,25 % de hausse par an, 2 % du salaire épargnés donnent 5,8 % du dernier salaire au lieu de 7,6 % dans le scénario central. Dès que le salaire progresse, une simulation à versement fixe surestime ce ratio.

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