Aller au contenu
Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Capitalisation personnelle · Simulation

Quel effort d'épargne pour quelle pension ?

Publié le 5 octobre 2026

Pour toucher 300 € de plus par mois à la retraite, il faut mettre de côté entre 48 € et 354 € par mois, selon les hypothèses. Tout dépend de la durée d'épargne, du rendement et de la façon dont l'argent est repris.

Raisonner à l'envers, du revenu visé vers l'effort, oblige à poser chaque hypothèse. C'est aussi la seule façon de relier une épargne mensuelle à ce qu'elle rapportera vraiment.

L’essentiel : Pour toucher 300 € de plus par mois à partir de 65 ans, en euros d'aujourd'hui, il faut verser environ 79 € par mois pendant 40 ans, 121 € pendant 30 ans ou 207 € pendant 20 ans, avec un rendement réel de 2,5 %. Sans rendement réel, l'effort monte à 177 €, 236 € et 354 € par mois.

Partir du revenu visé

Le calcul se fait en deux temps. D'abord, le capital qu'il faut détenir à 65 ans pour verser le complément voulu chaque mois. Ensuite, le versement mensuel qui constitue ce capital à temps.

Pour la sortie, l'article suit la règle déjà appliquée à la conversion d'un capital en revenu. C'est un retrait programmé : un montant fixe chaque mois, calculé pour épuiser le capital au terme d'une durée donnée. La part non retirée continue de rapporter pendant ce temps.

La durée retenue est de 23,6 ans. C'est l'espérance de vie d'une femme de 65 ans en 2025, selon l'Insee ; celle d'un homme est de 20,0 ans. Retenir la plus longue fait durer le complément au moins jusqu'à l'âge moyen de décès, pour les deux sexes.

Tous les montants sont en euros d'aujourd'hui. Un complément de 300 € garde donc le pouvoir d'achat de 300 € actuels pendant toute la retraite.

Le capital nécessaire à 65 ans

Pour retirer 300 € par mois pendant 23,6 ans, il faut 84 900 € à 65 ans si le capital ne rapporte rien au-delà de l'inflation. Avec un rendement réel de 2,5 %, 64 420 € suffisent. À 4 %, il faut 55 480 €.

L'écart vient du rendement pendant la retraite. Dans le scénario central, le capital continue de produire des intérêts pendant toute la durée des retraits. Ces intérêts financent près d'un quart des 84 900 € retirés au total.

Pour un homme, sur 20,0 ans, le capital nécessaire serait plus faible d'environ 12 % dans le scénario central. La suite de l'article retient l'horizon le plus long.

L'effort mensuel pour 300 € par mois

Le versement nécessaire dépend ensuite de la durée d'épargne : commencer à 25, à 35 ou à 45 ans, pour un départ à 65 ans.

Versement mensuel nécessaire pour un complément de 300 € par mois dès 65 ans (en €)
177794840 ans d'épargne2361218130 ans d'épargne35420715220 ans d'épargneDéfavorable, 0 %Central, 2,5 %Favorable, 4 %

Source : calcul du blog, rendements réels nets de frais, euros constants ; retraits sur 23,6 ans, espérance de vie d'une femme de 65 ans en 2025 (Insee).

Dans le scénario central, il faut verser environ 79 € par mois pendant 40 ans, 121 € pendant 30 ans ou 207 € pendant 20 ans. Commencer vingt ans plus tard multiplie donc l'effort mensuel par 2,6.

Dans le scénario défavorable, sans rendement réel, l'effort monte à 177 €, 236 € ou 354 € par mois. L'épargnant ne fait alors que mettre de côté ce qu'il reprendra. Dans le scénario favorable, l'effort descend à 48 €, 81 € ou 152 € par mois.

L'écart entre scénarios grandit avec la durée. Sur 40 ans, le scénario favorable demande 3,7 fois moins que le défavorable ; sur 20 ans, 2,3 fois moins. C'est le mécanisme décrit dans l'article sur le temps face au taux.

200 € ou 500 € : l'effort suit le montant

Le calcul est proportionnel. Viser 200 € demande les deux tiers de l'effort nécessaire pour 300 € ; viser 500 €, cinq tiers. Voici les montants du scénario central.

Complément visé 40 ans d'épargne 30 ans d'épargne 20 ans d'épargne
200 € par mois environ 52 € environ 80 € environ 138 €
500 € par mois environ 131 € environ 201 € environ 346 €

Pour donner un ordre de grandeur, la pension moyenne de droit direct des régimes obligatoires atteignait 1 666 € par mois en 2023, selon la Drees. Un complément de 300 € en représenterait 18 %, un complément de 500 €, 30 %.

Ces compléments s'ajoutent à la pension elle-même. Ce que celle-ci remplace du dernier salaire se mesure par le taux de remplacement, qui varie beaucoup d'une carrière à l'autre.

Ce que l'on verse, ce que l'on reçoit

Dans le scénario central, l'épargnant qui verse pendant 40 ans met de côté 37 721 € au total. Il en retire 84 900 € pendant sa retraite. Plus de la moitié de ce qu'il reçoit provient donc des rendements, accumulés avant et pendant la retraite.

Sur 20 ans, il verse 49 766 € pour les mêmes 84 900 € reçus. Les rendements n'en financent plus que 41 %. Dans le scénario défavorable, chacun verse 84 900 € pour recevoir 84 900 € : le capital ne fait que traverser le temps.

Et pour un revenu versé à vie ?

Le retrait programmé s'arrête au bout de 23,6 ans. Une personne qui vit plus longtemps n'a plus rien ensuite. Seule une rente viagère verse un revenu jusqu'au décès, quelle que soit sa date.

Cette garantie a un coût. Dans ses projections, l'OCDE applique un facteur de conversion de 90 % au capital accumulé, pour tenir compte des frais et du coût de la rente. Le blog reprend ce repère : pour le même revenu, il faut un capital plus élevé d'environ 11 %.

Dans le scénario central, une rente de 300 € par mois demanderait ainsi environ 87 € par mois sur 40 ans. Il faudrait 134 € sur 30 ans, ou 230 € sur 20 ans. Ce repère n'est pas un tarif d'assureur : il donne un ordre de grandeur.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Le rendement est supposé constant, chaque année, avant comme pendant la retraite. En réalité, une baisse des marchés juste avant le départ ou au début des retraits réduirait durablement le complément possible.

Les versements sont supposés réguliers pendant toute la période, sans interruption ni retrait anticipé. Ils sont exprimés en euros d'aujourd'hui : en euros courants, ils augmenteraient chaque année avec les prix.

L'espérance de vie retenue est celle de 2025, calculée sur la mortalité d'une seule année. Les générations qui partiront dans vingt ou quarante ans vivront probablement plus longtemps, ce qui demanderait un capital plus élevé. La fiscalité n'est pas prise en compte, ni à l'entrée ni à la sortie.

Enfin, les trois scénarios ne sont pas des probabilités, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Conclusion

Un complément de 300 € par mois dès 65 ans demande entre 48 € et 177 € par mois sur 40 ans. Sur 20 ans, il en faut entre 152 € et 354 €. La durée d'épargne pèse autant que le rendement. La forme de la sortie compte aussi : un revenu garanti à vie demande environ 11 % d'effort en plus qu'un retrait calé sur l'espérance de vie.

Lectures recommandées