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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Capitalisation en France · Décryptage

Retraite supplémentaire : la rente cède du terrain

Publié le 18 octobre 2026

En 2024, les contrats de retraite supplémentaire ont versé 8,9 milliards d'euros de prestations, presque autant qu'en 2023. Le montant n'a pas bougé, sa forme si : la part des rentes viagères recule depuis quatre ans, celle des sorties en capital progresse.

La Drees vient de publier ces proportions dans l'édition 2026 de son panorama sur les retraités. Elles montrent comment l'arrivée du plan d'épargne retraite (PER) change la façon dont les Français reprennent leur épargne.

L’essentiel : Les rentes viagères représentaient 64 % des prestations de retraite supplémentaire en 2024, contre 79 % en 2020, selon la Drees. Les sorties en capital passent de 12 à 21 %, avec l'arrivée du PER, qui élargit cette possibilité.

Trois façons de reprendre son épargne

Un contrat de retraite supplémentaire restitue l'argent de trois manières, d'après la Drees. La rente viagère verse un revenu à vie. Le versement forfaitaire unique (VFU) remplace une rente trop petite : l'assureur peut la racheter en une fois quand elle passe sous un seuil. La sortie en capital rend la somme d'un coup, ou par fractions.

Le montant d'une rente dépend du capital constitué, de ses revenus de placement et des tables de mortalité de la conversion, rappelle la Drees. Le capital, lui, se reçoit tel qu'il est.

Le seuil de rachat des rentes a été relevé en 2021, puis en 2023, par deux arrêtés. Selon la Drees, la part des versements forfaitaires uniques dans les prestations de certains contrats d'employeur est depuis passée d'environ 10 % à environ 15 %.

Les rentes passent de 79 à 64 %

Entre 2020 et 2024, la part des prestations versées sous forme de rentes viagères tombe de 79 % à 64 %, d'après la Drees. Les sorties en capital passent de 12 % à 21 %. Par différence, le versement forfaitaire unique passe de 9 % à 15 %.

Prestations de retraite supplémentaire selon la forme de sortie, en % du total (en %)
7964Rentes viagères1221Sorties en capital915Versementforfaitaire unique20202024

Rentes viagères, sorties en capital hors rachats et versements forfaitaires uniques, ensemble des contrats en cours de liquidation. Source : Drees, Les retraités et les retraites, édition 2026, fiche 30 ; versement forfaitaire unique obtenu par différence (calcul du blog).

Les rentes restent la forme dominante. Mais en quatre ans, elles ont perdu quinze points, dont neuf sont allés au capital. Le montant total, lui, reste proche de 8,9 milliards d'euros en euros constants : le mouvement tient à la composition des prestations, pas à leur volume.

Ce que change le PER

La Drees attribue la hausse des sorties en capital au remplacement des anciens contrats individuels par les PER. Ces plans élargissent et assouplissent la possibilité de sortir en capital. Dans un PER, le capital est permis pour les versements volontaires et l'épargne salariale, comme le détaille notre article sur la sortie d'un PER. Les versements obligatoires sortent en rente.

Le poids des contrats individuels dans les prestations a plus que doublé depuis 2005, de 19 % à 45 %. Celle des contrats à prestations définies, où l'organisme garantit la prestation, a été divisée par plus de quatre, de 50 % à 12 %.

Ces contrats à prestations définies versent 96 % de leurs prestations en rentes, les 4 % restants en versement forfaitaire unique. Leur recul tire donc la part des rentes vers le bas, indépendamment de ce que choisissent les épargnants.

Un choix qui dépend du contrat

Le type de contrat décide de ce qui reste possible. Tous les adhérents à un contrat collectif à adhésion volontaire, Perco ou PER d'entreprise collectif, optent pour une sortie en capital, note la Drees. Elle rappelle que ces sorties, issues d'un Perco ou du compartiment 2 d'un PER alimenté par l'épargne salariale, sont exonérées d'impôt sur le revenu.

Ces contrats ne pesaient presque rien dans les prestations avant 2009. Ils en représentent 11 % fin 2024. Mécaniquement, plus l'épargne salariale se déverse dans les PER, plus le capital pèse dans les sorties.

Les contrats collectifs à versements obligatoires, eux, restent stables autour de 30 % des prestations.

Qui verse les prestations

Autre déplacement mesuré par la Drees : la gestion. Entre 2021 et 2024, la part des prestations versées par les fonds de retraite professionnelle supplémentaire passe de 15 % à 58 %. Celle des mutuelles et des sociétés d'assurance est divisée par un peu moins de trois sur la même période.

Ces fonds, créés par la loi dite Sapin II, sont autorisés à commercialiser des contrats depuis 2018. Leurs fonds propres obligatoires sont moins élevés que ceux d'une assurance soumise à Solvabilité 2. Pour les cotisations, la Drees relie ce déplacement à d'importants transferts de portefeuilles en 2022, une réorganisation à l'intérieur des groupes. Il ne dit rien du choix des épargnants.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Ils mesurent des euros versés, pas des personnes. Un capital de 50 000 € versé à une seule personne pèse dans le total autant que cinquante rentes annuelles de 1 000 €. Et une rente se verse chaque année, quand un capital se verse une fois.

Ils ne disent pas non plus ce que font les épargnants de leur capital. Une somme reçue en une fois peut financer un achat, être placée de nouveau ou transmise. La Drees ne le suit pas.

Enfin, la photographie date de 2024 et le PER n'existe que depuis 2019. La part du capital peut encore monter à mesure que ces contrats arrivent à terme, ou se stabiliser : la série est trop courte.

Cet article ne dit pas non plus s'il vaut mieux choisir une rente ou un capital. L'article sur le choix entre rente et capital expose les arguments de chaque forme.

Conclusion

La retraite supplémentaire reste un petit pilier : selon la Drees, elle pèse 2,2 % des prestations de retraite, mais 5,4 % des cotisations.

Les versements ont progressé de 10,1 % en euros constants en 2024, pour atteindre 21,4 milliards d'euros. Le dispositif change toutefois de forme. En quatre ans, la rente a perdu quinze points au profit du capital et du versement unique, avec l'arrivée du PER. Pour mesurer l'effet réel, il faudra attendre que la génération des premiers PER liquide son épargne.

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