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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Capitalisation personnelle · Explication

Rente ou capital à la sortie ?

Publié le 5 octobre 2026

Au moment de la retraite, une épargne accumulée peut se reprendre de deux façons. En capital, d'un coup ou par morceaux. Ou en rente viagère, un revenu versé jusqu'au décès.

Le choix engage souvent pour toujours, et il ne répartit pas les risques de la même manière. Chaque forme protège contre certains d'entre eux, et expose à d'autres.

L’essentiel : Une rente viagère protège contre le risque de vivre longtemps, mais elle ne se transmet pas, ne se rachète pas et vaut ce que vaut sa revalorisation ; un capital reste disponible et transmissible, mais il peut s'épuiser. Pour le PER, la loi laisse le choix pour les versements volontaires et l'épargne salariale, et impose la rente pour les versements obligatoires.

Deux façons de sortir

La sortie en capital rend l'épargne à son titulaire. Il peut la retirer en une fois ou de manière fractionnée, puis en disposer librement. Ce qui n'est pas retiré reste placé, et continue de rapporter ou de perdre.

La rente viagère transforme le capital en revenu à vie. Le titulaire cède son capital à un assureur, qui s'engage à lui verser une somme régulière jusqu'à son décès. Le montant dépend surtout de l'âge, du capital et des hypothèses de rendement et de longévité de l'assureur.

Ce mécanisme repose sur la mutualisation. Le capital de ceux qui décèdent tôt finance les rentes de ceux qui vivent longtemps. Personne ne sait d'avance dans quel groupe il se trouvera.

Ce que la loi prévoit pour le PER

Le plan d'épargne retraite, créé par la loi Pacte du 22 mai 2019, encadre ce choix. Selon l'article L224-1 du code monétaire et financier, il sert à acquérir des droits viagers ou à verser un capital. Ces sommes sont payables au plus tôt à la liquidation de la pension, ou à l'âge légal de départ.

La loi distingue trois sources de versements, à l'article L224-2. Ce sont les versements volontaires du titulaire, l'épargne salariale comme la participation ou l'intéressement, et les versements obligatoires d'un plan d'entreprise.

Le sort de chacune est fixé par l'article L224-5. Les droits issus des versements obligatoires « sont délivrés sous la forme d'une rente viagère ». Pour les autres, le titulaire choisit entre une rente viagère et un capital, « libéré en une fois ou de manière fractionnée ».

Une exception existe : celui qui a opté pour la rente, expressément et irrévocablement, dès l'ouverture du plan, ne peut plus choisir le capital. Tout plan doit par ailleurs proposer une rente avec une option de réversion au profit d'un bénéficiaire, en cas de décès du titulaire.

Avant la retraite, l'épargne reste en principe bloquée. L'article L224-4 énumère les seuls cas de sortie anticipée, comme l'achat de la résidence principale, l'invalidité ou la fin des droits au chômage. Les versements obligatoires ne peuvent pas être débloqués pour la résidence principale.

Ce que chaque forme protège et expose

Risque Rente viagère Capital
Vivre plus longtemps que prévu couvert : la rente est versée jusqu'au décès à la charge du titulaire : le capital peut s'épuiser
Inflation dépend de la revalorisation prévue au contrat dépend du rendement des placements conservés
Transmission rien après le décès, sauf réversion le solde revient aux héritiers
Marchés et rendement supportés en grande partie par l'assureur supportés par le titulaire
Souplesse aucune : une rente en cours de service ne se rachète pas totale

La rente, une assurance contre la longévité

La rente répond à un risque précis : vivre plus longtemps que son capital. Elle le transfère à l'assureur, qui le répartit entre tous ses rentiers. C'est son principal avantage, et un capital n'offre rien d'équivalent.

En contrepartie, elle est définitive. Le code des assurances le prévoit : les rentes viagères en cours de service « ne peuvent comporter ni réduction ni rachat ». Au décès, les versements s'arrêtent, sauf si une réversion a été prévue au profit d'un proche, ce qui réduit le montant de départ.

La garantie a aussi un coût. Dans ses projections, l'OCDE estime que les frais et le coût d'achat d'une rente ramènent à 90 % le capital effectivement converti. Le prix de la garantie représente donc, selon cet ordre de grandeur, environ un dixième du capital.

Son pouvoir d'achat, enfin, dépend de sa revalorisation. L'OCDE suppose des rentes indexées sur les prix, mais un contrat réel fixe sa propre règle. Une rente mal revalorisée perd du pouvoir d'achat chaque année, comme le montre l'article sur le rendement réel.

Le capital, la liberté et le risque qui va avec

Le capital laisse toutes les options ouvertes. Son titulaire peut le dépenser, le placer, le transmettre ou le convertir plus tard. Ce qui reste au décès revient à ses héritiers.

Mais le risque de longévité reste entier. Retiré trop vite, un capital s'épuise ; retiré trop prudemment, il donne un revenu plus faible que possible. L'article un capital n'est pas un revenu chiffre cet arbitrage pour 100 000 €.

Le capital resté placé reste aussi exposé aux marchés. Un rendement moyen ne se répète pas chaque année. Une baisse au début de la retraite, quand le capital est le plus élevé, pèse durablement sur ce qu'il peut verser.

Une règle unisexe

Dans l'Union européenne, rappelle l'OCDE, les régimes privés ne peuvent pas tenir compte des écarts de longévité entre hommes et femmes pour calculer une rente. Pour un même capital, le sexe ne change donc pas le montant.

Cette règle réduit l'écart de pension entre femmes et hommes. Mais l'OCDE note qu'elle dissuade les hommes de choisir la rente quand elle est facultative. Une large part du risque de longévité reste ainsi non assurée dans l'épargne retraite volontaire.

Ce que montrent les données

Fin 2024, selon la Drees, 2,7 millions de personnes percevaient une prestation de retraite supplémentaire, dont quasiment 2,4 millions sous la forme de rentes viagères. Ces rentes restent modestes.

En 2023, la rente moyenne issue des produits à cotisations définies, ceux qui accumulent un capital, s'établissait à 2 010 € par an. Pour les PER individuels, la moyenne atteignait 1 378 € par an en 2024. La pension de droit direct des régimes obligatoires était, elle, de 19 992 € par an en moyenne en 2023.

Rentes viagères de retraite supplémentaire en 2024, selon leur montant annuel (en %)
17,7Moins de500 €24,1500 à 999 €26,31 000 à1 999 €23,12 000 à4 999 €8,85 000 €ou plus

Source : Drees, données sur la retraite supplémentaire au 31 décembre 2024 (février 2026), ensemble des produits.

Plus de quatre rentes sur dix sont inférieures à 1 000 € par an : 17,7 % sous 500 €, 24,1 % entre 500 et 999 €. Viennent ensuite 26,3 % de rentes entre 1 000 et 1 999 €. Seules 23,1 % se situent entre 2 000 et 4 999 €, et 8,8 % atteignent 5 000 € ou plus.

La sortie en capital progresse. La Drees recense 157 600 bénéficiaires d'une sortie en capital en 2024, pour un montant moyen de 11 824 €, contre 13 400 bénéficiaires en 2009. Ces chiffres ne se comparent pas à ceux des rentes : une rente est comptée chaque année où elle est versée.

Ces montants pèsent peu face aux pensions des régimes obligatoires, comme le rappelle l'article sur la capitalisation qui existe déjà en France.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Les effectifs de la Drees ne sont pas corrigés des doubles comptes : une personne qui perçoit deux rentes compte deux fois. Les rentes d'un PER d'entreprise collectif ou d'un Perco n'y figurent pas, car leur versement est délégué à des assureurs.

Les montants moyens mêlent des contrats anciens et récents, souscrits à des conditions différentes. Ils ne disent pas ce qu'un capital donné rapporterait aujourd'hui en rente.

La fiscalité, qui diffère selon la forme de sortie et l'origine des versements, n'est pas traitée ici. Enfin, aucune des deux formes n'est meilleure en soi : chacune répond à un risque différent.

Conclusion

Rente et capital ne s'opposent pas comme un bon et un mauvais choix. La rente assure contre la longévité, au prix de la transmission, de la souplesse et d'un coût. Le capital garde tout cela, mais laisse le risque de longévité à son titulaire. Pour le PER, la loi laisse ce choix pour l'essentiel des versements, et tranche pour les versements obligatoires.

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