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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Capitalisation en France · Décryptage

PER assurantiels : 8,5 millions d'assurés, 124,8 milliards

Publié le 22 octobre 2026

À fin juin 2026, les assureurs gèrent 124,8 milliards d'euros dans des plans d'épargne retraite (PER), pour 8,5 millions d'assurés. C'est ce que publie France Assureurs, leur fédération, dans son communiqué du 30 juillet.

Le chiffre ne couvre que les PER vendus par des assureurs. Il se lit pourtant comme un indicateur de la capitalisation individuelle en France.

L’essentiel : À fin juin 2026, les plans d'épargne retraite vendus par les assureurs comptent 8,5 millions d'assurés et 124,8 milliards d'euros d'encours, contre 7,9 millions de plans et 112 milliards fin 2025. Sur le semestre, la collecte nette n'explique que 4,0 milliards des 12,8 milliards de hausse de l'encours.

Sept ans de montée

Le PER existe depuis le 1er octobre 2019. D'après France Assureurs (présentation du 27 janvier 2026), le nombre de PER assurantiels passe de 0,1 million fin 2019 à 1,3 million fin 2020. Il atteint ensuite 2,9, 4,7, 5,8 et 6,9 millions fin 2021, 2022, 2023 et 2024, puis 7,9 millions fin 2025.

À fin mars 2026, les assureurs comptent 8,1 millions d'assurés. À fin juin, ils en comptent 8,5 millions.

PER vendus par les assureurs, en millions de plans puis d'assurés
Fin 20190,1 MFin 20201,3 MFin 20212,9 MFin 20224,7 MFin 20235,8 MFin 20246,9 MFin 20257,9 MFin mars 20268,1 MFin juin 20268,5 M

Jusqu'à fin 2025, la source compte des plans ; en 2026, elle compte des assurés. Source : France Assureurs, présentation du 27/01/2026 et communiqués des 30/04 et 30/07/2026.

La hausse annuelle est de 1,1 million en 2023 et en 2024, puis de 1,0 million en 2025. Sur les six premiers mois de 2026, elle atteint 0,6 million.

Ce que l'argent a fait en 2025 et en 2026

En 2025, les versements sur les PER assurantiels ont atteint 20,2 milliards d'euros, en hausse de 16 % sur un an. La collecte nette, c'est-à-dire ce qui reste après les sorties, s'élève à 11,0 milliards d'euros. L'encours des PER atteint 112 milliards d'euros fin décembre 2025.

En 2026, le communiqué de juillet détaille les deux premiers trimestres. Les cotisations hors transferts représentent 3,3 milliards d'euros au premier trimestre, pour 240 600 nouveaux PER. Au deuxième, elles atteignent 3,2 milliards pour 229 600 nouveaux PER. La hausse sur un an est de 9 % puis de 8 %.

La collecte nette atteint 2,1 milliards au premier trimestre, puis 1,9 milliard au deuxième, stable sur un an. Depuis le début de 2026, les versements, transferts compris, s'élèvent à 9,4 milliards d'euros, soit +2 % sur un an.

Les transferts depuis d'anciens contrats d'épargne retraite pèsent sur ces chiffres. Ils portent sur 70 600 assurés et 952 millions d'euros au premier trimestre, puis 52 200 assurés et 1,6 milliard au second. Ces sommes changent de contrat, elles ne sont pas de l'épargne neuve.

Le premier trimestre montre l'effet de ces transferts. Les versements, transferts compris, y atteignent 4,2 milliards d'euros, 18 % de moins qu'un an plus tôt, alors que les cotisations hors transferts progressent de 9 %. Cela suppose des transferts nettement plus faibles qu'au premier trimestre 2025. Sur six mois, le recul de 18 % est ramené à une hausse de 2 %.

12,8 milliards de hausse, dont 4,0 de collecte

L'encours passe de 112 milliards fin 2025 à 124,8 milliards fin juin 2026. La hausse est de 12,8 milliards d'euros. La collecte nette du semestre, 2,1 plus 1,9, en explique 4,0.

Le reste, 8,8 milliards d'euros, correspond à des mouvements que le communiqué ne détaille pas. L'écart se retrouve au deuxième trimestre. L'encours gagne 10,0 milliards entre fin mars (114,8) et fin juin (124,8), pour 1,9 milliard de collecte nette.

Un encours qui grimpe ne dit donc pas que les épargnants versent davantage. La part qui vient de leurs versements est une minorité de la hausse sur ce semestre.

Un compte moyen de 14 700 euros

En divisant 124,8 milliards par 8,5 millions d'assurés, on obtient environ 14 700 euros par assuré. C'est une division illustrative, pas le solde d'un épargnant type. Rien n'indique si un même assuré détient un ou plusieurs PER, ni comment l'encours se répartit entre eux.

Cette épargne reste bloquée jusqu'à la retraite, sauf huit cas de déblocage que détaille le PER selon la loi. Un tel capital se traduit par un revenu mensuel modeste. L'article sur la rente ou le capital à la sortie donne les ordres de grandeur pour 100 000 euros.

Qui est dans ces chiffres

France Assureurs précise que les entreprises d'assurance représentaient 74 % de l'encours de l'ensemble des PER à fin septembre 2025, puis 70 % à fin décembre 2025. Les autres gestionnaires de PER ne figurent pas dans les 124,8 milliards.

Si l'on rapporte les 112 milliards de fin 2025 à ces 70 %, l'ensemble des PER pèserait environ 160 milliards d'euros. C'est un ordre de grandeur issu d'une division, pas un chiffre publié.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Le communiqué ne définit pas le mot « assuré ». On ne sait pas si une personne qui détient deux PER est comptée deux fois. On ne sait pas non plus combien d'assurés versent encore : un plan peut rester ouvert sans nouveau versement.

Il ne distingue pas non plus le PER individuel, le PER collectif et le PER obligatoire. Il ne donne ni rendement ni frais. La hausse de l'encours de 8,8 milliards hors collecte nette mêle donc des facteurs que nous ne pouvons pas séparer.

Enfin, ces chiffres viennent de la fédération des assureurs, qui vendent ces plans. Dans son communiqué d'avril, la fédération propose de diffuser davantage le PER en entreprise. Elle propose aussi de flécher une partie de l'intéressement et de la participation vers des dispositifs favorisant la sortie en rente. Nous rapportons ces propositions sans les reprendre.

Conclusion

Le PER s'est installé en sept ans : 8,5 millions d'assurés chez les assureurs, plus de 124 milliards d'euros. Le nombre de plans progresse d'environ un million par an depuis 2023. La hausse de l'encours en 2026 vient surtout d'autre chose que de la collecte nette, et la source ne dit pas de quoi. Le communiqué sur le troisième trimestre, attendu fin octobre, dira si ce rythme se maintient.

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