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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Scénarios pour la France · Simulation

Une cotisation capitalisée de 1, 2 ou 3 %

Publié le 5 octobre 2026

Une cotisation retraite de 2 % du salaire paraît modeste : 72 € par mois pour un salarié payé au salaire moyen. Versée pendant quarante ans et placée, elle constituerait entre 34 579 € et 83 917 € selon le rendement. La Suède capitalise 2,5 % du revenu, l'Australie 12 %.

Cette simulation chiffre trois taux, 1, 2 et 3 %, pour un même salarié. Elle ne dit pas qui paierait la cotisation, ni comment elle s'articulerait avec les régimes actuels.

L’essentiel : Un salarié payé au salaire moyen du privé, 3 602 € brut par mois, qui verse 2 % de son salaire pendant 40 ans disposerait de 59 054 € à 65 ans avec un rendement réel de 2,5 %, de quoi retirer 275 € par mois pendant 23,6 ans. Dans ce scénario, chaque point de cotisation finance un revenu d'environ 3,8 % du salaire brut, entre 1,7 % et 6,3 % selon le rendement.

Le salarié de la simulation

Selon l'Insee, un salarié du secteur privé gagnait en moyenne 3 602 € brut par mois en 2024, en équivalent temps plein. Cela correspond à 2 733 € net de cotisations et contributions sociales. La simulation prend le salaire brut comme base, car une cotisation se calcule sur le brut.

Ce salaire moyen est tiré vers le haut par les plus hauts salaires. Selon l'Insee, le salaire net médian, 2 190 €, est inférieur de 19,9 % au salaire net moyen. Pour un salaire plus bas, tous les montants qui suivent baissent en proportion.

Le salarié verse de 25 à 65 ans, soit quarante ans. Son salaire reste constant en euros d'aujourd'hui : la simulation ignore les progressions de carrière. À 1 %, il verse 36,02 € par mois ; à 2 %, 72,04 € ; à 3 %, 108,06 €.

Le capital à 65 ans

Capital à 65 ans après 40 ans de cotisation, au salaire brut moyen (en €)
17 29029 52741 9581 % du salaire34 57959 05483 9172 % du salaire51 86988 581125 8753 % du salaireDéfavorable, 0 %Central, 2,5 %Favorable, 4 %

Source : calcul du blog, rendements réels nets de frais, euros constants ; salaire brut moyen du privé en 2024 (Insee).

À 1 %, le capital atteint 17 290 € sans rendement réel, 29 527 € à 2,5 % et 41 958 € à 4 %. À 2 %, il atteint 34 579 €, 59 054 € ou 83 917 €. À 3 %, il atteint 51 869 €, 88 581 € ou 125 875 €.

Le capital est proportionnel au taux : doubler la cotisation double le capital, dans chaque scénario. L'écart entre scénarios vient du rendement, que quarante ans de placement amplifient. Dans le scénario central, les gains représentent 41,4 % du capital final.

Le revenu à la retraite

Un capital se transforme en revenu. Comme dans l'article sur l'effort d'épargne nécessaire, il est retiré par mensualités constantes pendant 23,6 ans. C'est l'espérance de vie d'une femme de 65 ans en 2025, selon l'Insee.

Le tableau donne le revenu mensuel obtenu et, entre parenthèses, sa part dans le salaire brut de 3 602 €.

Cotisation Défavorable, 0 % Central, 2,5 % Favorable, 4 %
1 % du salaire 61 € (1,7 %) 138 € (3,8 %) 227 € (6,3 %)
2 % du salaire 122 € (3,4 %) 275 € (7,6 %) 454 € (12,6 %)
3 % du salaire 183 € (5,1 %) 413 € (11,5 %) 681 € (18,9 %)

Dans le scénario central, chaque point de cotisation finance donc environ 3,8 % du salaire brut, pendant 23,6 ans. Pour un revenu versé à vie, l'OCDE applique au capital un facteur de conversion de 90 %. Avec 2 % de cotisation, la rente correspondante serait d'environ 248 € par mois.

Pour situer ces montants, l'OCDE projette une pension égale à 56,6 % du salaire brut pour un salarié français au salaire moyen. Ce calcul vaut pour une personne entrée dans la vie active en 2024 et partant à 65 ans. Une cotisation de 2 % y ajouterait environ 7,6 points dans le scénario central.

Comparer avec la Suède

La Suède consacre chaque année 18,5 % du revenu ouvrant droit à pension à son système public, selon le fonds public AP4. Seize points financent la répartition, et 2,5 points alimentent des comptes individuels placés sur les marchés.

Appliqué au salarié de la simulation, ce taux donnerait 73 818 € à 65 ans dans le scénario central. Le revenu mensuel atteindrait 344 €, soit 9,5 % du salaire brut. Le fonctionnement de ces comptes, et le rôle de leur fonds par défaut, sont décrits dans l'étude de cas suédoise.

Comparer avec l'Australie

L'Australie impose à l'employeur une cotisation de 12 % de la rémunération depuis le 1er juillet 2025, selon son administration fiscale. Le même calcul donnerait 354 325 € dans le scénario central, soit 1 650 € par mois. Ce revenu représenterait 45,8 % du salaire brut.

Ce résultat reste théorique. Le taux australien était de 9 % de 2002 à 2013 et n'a atteint 12 % que par paliers, comme le retrace l'étude de cas australienne. Aucun salarié n'a encore cotisé quarante ans à ce niveau.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Le salaire est supposé constant pendant quarante ans, en euros d'aujourd'hui. Une carrière qui progresse verserait moins au début et davantage à la fin, et les derniers versements ont moins de temps pour rapporter.

La carrière est complète, sans chômage, temps partiel ni interruption. Chacune de ces périodes réduirait le capital, à proportion des versements manquants et de leur date.

La simulation ne dit pas qui paierait. Une cotisation prise sur les cotisations actuelles priverait la répartition de ressources ; une cotisation ajoutée alourdirait le coût du travail ou réduirait le salaire net.

Les frais sont inclus dans le rendement. Des frais supplémentaires de 1 % par an ramèneraient le scénario central à 1,5 %. Avec 2 % de cotisation, le capital tomberait de 59 054 € à 47 294 €, un cinquième de moins.

La fiscalité est ignorée. Les scénarios ne sont pas des probabilités, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Conclusion

Pour un salarié au salaire moyen, chaque point de cotisation capitalisée versé pendant quarante ans financerait environ 3,8 % du salaire dans le scénario central. À 2 % ou 3 %, ce complément atteindrait 7,6 % ou 11,5 %, à côté d'une pension publique estimée par l'OCDE à 56,6 % du salaire brut. Le rendement fait varier ces montants dans un rapport de 1 à 3,7, et le taux de cotisation en proportion.

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