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Retraite en FranceDes chiffres au service d’un avenir meilleur

Scénarios pour la France · Simulation

Effets selon le niveau de revenu

Publié le 5 octobre 2026

Une cotisation proportionnelle au salaire semble neutre : chacun verse le même pourcentage. Elle produit pourtant des capitaux très différents en euros, et la même part du salaire à la retraite pour tous. Le système actuel, lui, remplace une part plus grande des petits salaires.

Cette simulation compare trois niveaux de salaire face à une même cotisation capitalisée de 2 %. Elle met ensuite le résultat en regard de la redistribution qu'opère la répartition, telle que la mesure le COR.

L’essentiel : Une cotisation capitalisée de 2 % du salaire, versée pendant 40 ans, finance la même part du salaire pour tous, du Smic à deux fois le salaire médian : 7,6 % dans le scénario central, soit 107 € par mois au Smic et 334 € au double du médian. Le système actuel fait l'inverse : selon le COR, ses taux de remplacement sont d'autant plus élevés que les rémunérations sont faibles.

Trois salaires

Les trois salaires viennent de l'Insee et datent de 2024. Le Smic net valait 1 398,69 € par mois pour 35 heures, de janvier à octobre 2024. Le salaire net médian du secteur privé atteignait 2 190 € par mois en équivalent temps plein : la moitié des salariés gagnait moins.

Le troisième salaire vaut deux fois le médian, soit 4 380 € net. Il dépasse légèrement le 9e décile, 4 334 € : moins d'un salarié du privé sur dix gagne davantage.

L'Insee ne publie le salaire médian qu'en net. La simulation applique donc la cotisation au salaire net. Sur le brut, les montants seraient plus élevés, mais les proportions resteraient les mêmes.

Ce que donne une cotisation de 2 %

À 2 %, le salarié au Smic verse 27,97 € par mois, le salarié médian 43,80 € et le troisième 87,60 €. En quarante ans, ils versent 13 427 €, 21 024 € et 42 048 €.

Dans le scénario central, le capital atteint 22 931 € au Smic, 35 905 € au salaire médian et 71 809 € au double. Le capital est retiré ensuite pendant 23,6 ans, l'espérance de vie d'une femme de 65 ans en 2025 selon l'Insee.

Revenu mensuel dès 65 ans, après 40 ans de cotisation à 2 % du salaire net (en €)
47107176Smic, 1 399 € net74167276Salaire médian,2 190 € net149334552Deux fois lemédian, 4 380 € netDéfavorable, 0 %Central, 2,5 %Favorable, 4 %

Source : calcul du blog, rendements réels nets de frais, euros constants ; salaires nets de 2024 (Insee).

Dans le scénario central, le revenu mensuel atteint 107 € au Smic, 167 € au salaire médian et 334 € au double. Sans rendement réel, il tombe à 47 €, 74 € et 149 €. À 4 %, il monte à 176 €, 276 € et 552 €.

Rapportés au salaire, ces revenus sont identiques pour les trois salariés : 3,4 %, 7,6 % ou 12,6 % selon le scénario. Une cotisation proportionnelle, placée au même rendement, rend à chacun la même part de son salaire. Elle ne redistribue rien d'un niveau de revenu à l'autre.

Ce que fait le système actuel

La répartition française fonctionne autrement. Selon le COR, « les taux de remplacement sont d'autant plus élevés que les rémunérations sont faibles ». Son rapport de juin 2026 le montre sur des carrières types de la génération 1964, partant à 62 ans et 9 mois. Les salaires y sont exprimés en multiples de la rémunération moyenne par tête de l'ensemble de l'économie.

Carrière type du COR Salaire brut de fin de carrière Première pension nette, en part des derniers salaires nets
Femme avec deux enfants 0,62 fois la rémunération moyenne 80,9 %
Non-cadre 0,74 fois la rémunération moyenne 75,2 %
Cadre 2,51 fois la rémunération moyenne 51,9 %

Ces taux sont expliqués dans l'article sur le taux de remplacement. Le COR mesure aussi le rendement que chaque profil tire de ses cotisations. Pour la génération 2000, il l'estime à 0,8 % par an pour un non-cadre et à 0,0 % pour un cadre.

Un salarié payé au Smic toute sa carrière obtiendrait 2,9 %, grâce aux exonérations de cotisations sur les bas salaires, et 0,3 % sans elles. Le COR relève notamment que le cadre paie, au-delà du plafond de la Sécurité sociale, des cotisations qui n'ouvrent pas de droits supplémentaires. Il conclut à une redistribution marquée en faveur des revenus les plus modestes.

L'OCDE nuance le constat pour une carrière qui commencerait aujourd'hui. Elle étudie un salarié entré dans la vie active en 2024 et partant à 65 ans. Elle projette une pension brute de 56,6 % du salaire à la moitié du salaire moyen comme au salaire moyen. Le taux tombe à 47,4 % au double du salaire moyen.

Ajouter ou remplacer

Ajoutée à la répartition, une cotisation capitalisée proportionnelle laisserait intacte sa redistribution. Elle ajouterait à chacun la même part de salaire, 7,6 % dans le scénario central, quel que soit son niveau de revenu.

Prise sur les cotisations existantes, elle réduirait au contraire la part de la pension qui redistribue. Les petits salaires perdraient alors une partie de l'avantage que leur donne le système actuel.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Verser 2 % pèse plus lourd dans un petit budget. Les ménages modestes épargnent peu, voire désépargnent, comme le montre l'article qui demande qui peut vraiment capitaliser. Une cotisation obligatoire ne laisse pas ce choix.

L'espérance de vie croît avec le niveau de vie. Selon l'Insee, sur 2020-2024, l'espérance de vie à la naissance atteint 85,0 ans chez les 5 % d'hommes les plus aisés. Elle est de 72,0 ans chez les 5 % les plus modestes.

Une rente calculée avec les mêmes tables pour tous verse donc, en moyenne, plus longtemps aux plus aisés. Ces écarts sont détaillés dans l'article sur l'espérance de vie.

Peu de salariés restent au Smic ou au double du médian pendant quarante ans. Le chômage et le temps partiel réduiraient le capital, à proportion des mois sans versement. Le Smic a par ailleurs été relevé depuis 2024 : 1 477,93 € net par mois depuis juin 2026.

Les rendements internes du COR sont mesurés par rapport à la progression du salaire moyen, et non des prix. Ils ne se comparent pas directement aux scénarios du blog. Les scénarios ne sont pas des probabilités, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Conclusion

Versée pendant quarante ans, une cotisation capitalisée de 2 % rendrait à chacun la même part de son salaire. Dans le scénario central, ce serait 7,6 %, du Smic au double du salaire médian. En euros, le salarié le mieux payé recevrait trois fois plus que le salarié au Smic. Le système actuel remplace au contraire une part plus grande des petits salaires, et une part capitalisée prise sur lui réduirait cet effet.

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